Candidatures - 30/10/2018

Calgary 2026, c’est (quasiment) terminé

L’hécatombe continue. Après Sion, Graz et Sapporo, une nouvelle ville se prépare à envoyer ses rêves olympiques dormir au fond d’un placard. Selon plusieurs sources, les Canadiens de Calgary tireront dans les prochaines heures un trait définitif sur leur candidature aux Jeux d’hiver 2026.

Une réunion est prévue ce mardi 30 octobre à la mairie de Calgary. Elle doit porter sur la question des Jeux d’hiver en 2026. Deux sources proches du dossier ont confirmé à CBC/Radio-Canada qu’il sera recommandé aux élus que la candidature soit retirée et le référendum du 13 novembre annulé. La motion devrait ensuite être débattue le lendemain, lors d’une séance du conseil municipal.

Les médias canadiens rapportent que les discussions ont été menées tout au long du week-end. Elles se sont poursuivies jusque tard dans la journée du lundi 29 octobre. Mais les deux camps, Calgary et l’Alberta d’un côté, le gouvernement fédéral de l’autre, n’auraient pas réussi à s’entendre sur la question du financement des Jeux.

Pour rappel, une information a fuité en fin de semaine passée dans les médias sur la participation du gouvernement de Justin Trudeau au budget des Jeux d’hiver en 2026. Elle s’élèverait à 1,75 milliard de dollars canadiens (1,17 milliard d’euros). Mais elle s’accompagne d’une condition : que l’état de l’Alberta et la ville de Calgary s’entendent pour une enveloppe commune égale à celle du gouvernement fédéral.

Le gouvernement de l’Alberta ayant déjà annoncé son intention de financer le projet à hauteur de 700 millions de dollars canadiens, il resterait à la ville à contribuer à hauteur de 1,05 milliard de dollars. Une somme deux à trois fois supérieure à celle prévue par les autorités locales.

Le bureau du maire de Calgary, Naheed Nenshi, n’a pas voulu confirmer l’imminence d’un retrait. Tout juste a-t-il précisé qu’un rapport sur la conclusion des négociations devait être transmis au comité d’évaluation des Jeux olympiques. La réunion de ce comité devait avoir lieu ce mardi à 13 h, mais elle a été avancée en début de matinée.

A Edmonton, la capitale de l’Alberta, le ministre des Finances de l’état, Joe Ceci, a assuré lundi après-midi que les discussions se poursuivaient avec le gouvernement fédéral. Commentaire de Joe Magliocca, l’un des conseillers municipaux : « Peu importe que les négociations se poursuivent ou pas, car demain marquera la fin de la candidature olympique. »

Même son de cloche chez Evan Wooley, un autre conseiller municipal, président du comité d’évaluation des Jeux olympiques : « A moins que les choses évoluent de façon radicale au cours des prochaines heures, je vois mal comment nous pourrions continuer avec cette candidature après la réunion de mardi 30 octobre. »

Au sein du conseil municipal, le retrait désormais quasi inévitable de la candidature fait des heureux. Opposant de la première heure au projet olympique, le conseiller Jeromy Farkas a expliqué lundi : « Ces derniers jours, nous avons constaté qu’il n’y avait pas d’accord de financement viable pour la candidature de Calgary aux Jeux olympiques de 2026. Nous avions promis aux Calgariens des détails sur le budget un mois avant le plébiscite, mais il est désormais clair qu’ils ne recevront jamais tous les détails nécessaires pour un vote juste et éclairé. Nous n’avons pas réussi à fournir aux citoyens des informations adéquates sur les coûts et les avantages. Ceci, combiné à un manque de véritable consultation des citoyens, à l’absence de garanties des autres niveaux de gouvernement contre les dépassements budgétaires et à la rétention d’informations économiques importantes, signifie qu’il est temps de réduire nos pertes. Cette crise de confiance ne peut pas continuer. »

Pour le CIO, le coup est rude. Après une campagne pour les Jeux d’hiver 2022 réduite à deux candidats, Pékin et Almaty, tous les deux asiatiques, la promotion 2026 s’annonçait plus présentable. En septembre 2017, au début de la phase dite de dialogue, le casting affichait une certaine allure avec 7 villes intéressées.

Depuis, un référendum a poussé Sion dans le bas-côté. Le dossier autrichien porté par Graz et Schladming a ensuite été arrêté par ses propres troupes, faute d’un soutien politique et populaire suffisant. Les Japonais de Sapporo ont eux aussi rendu les armes, préférant reporter leurs ambitions sur l’édition 2032. Enfin, la commission du CIO a décidé le mois dernier de recaler le projet de la ville turque d’Erzurum, jugé insuffisamment mature.

A un peu plus de 2 mois de la date de dépôt des dossiers, fixée au 11 janvier 2019, la course pourrait se réduire dans les prochaines heures à un duel entre les Suédois de Stockholm et les Italiens de Milan et Cortina d’Ampezzo. Mais ces deux derniers survivants n’ont toujours pas obtenu le feu vert des autorités politiques. En Suède, la nouvelle majorité au pouvoir dans la capitale ne veut pas verser un sou pour les Jeux. En Italie, le gouvernement se refuse lui aussi à apporter sa garantie financière.

Qui veut encore des Jeux d’hiver ? La question n’a jamais été d’une telle actualité.

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