Candidatures - 23/10/2018

A Calgary, les contribuables soutiennent… Stockholm

J – 3 semaines à Calgary avant le référendum sur la candidature aux Jeux d’hiver 2026. Mardi 13 novembre, la population de la ville canadienne sera invitée à se rendre aux urnes pour se prononcer sur la suite de l’aventure olympique. A 21 jours du vote, les clignotants passent au rouge les uns après les autres.

Lundi 22 octobre, les porteurs du projet ont encaissé deux nouveaux coups durs. Le premier a été asséné par Rachel Notley, le Premier ministre de l’Alberta. Présente à Calgary à l’occasion d’une rencontre avec les dirigeants du secteur pétrolier et gazier, l’ancienne avocate a suggéré que le CIO pourrait mettre la main au porte-monnaie pour aider les autorités canadiennes à boucler le budget des Jeux de 2026.

« S’il reste un écart entre ce qui doit être mis et ce qui est apporté, peut-être que le CIO devrait voir ce qu’il pourrait ajouter », a suggéré Rachel Notley. Elle a ajouté : « Il n’y pas beaucoup de gens actuellement qui mendient pour avoir les Jeux olympiques. Alors peut-être faudrait-il inverser les choses, et penser à recevoir plutôt qu’à donner. »

La proposition de la dirigeante canadienne, Premier ministre de l’Alberta depuis 3 ans, présente peu de chances d’aboutir. Le CIO s’est engagé à contribuer au financement des Jeux d’hiver 2026 à hauteur de 925 millions de dollars, qu’ils aient lieu au Canada, en Italie ou en Suède. On l’imagine mal en rajouter quelques centaines pour compenser la réticence des pouvoirs publics à caser leur tirelire.

Mais la déclaration de Rachel Notley inquiète. Elle suggère sans vraiment prendre de gants que la part des fonds publics dans le budget de Calgary 2026 pourrait ne pas être bouclée. Elle laisse entendre que le projet canadien pourrait bien ne pas atteindre son objectif budgétaire.

Dans sa dernière mouture, le dossier de Calgary 2026 prévoit un budget de 5,2 milliards de dollars canadiens (3,4 milliards d’euros), dont 3 milliards apportés par les pouvoirs publics. L’Alberta a dévoilé sa participation : 700 millions de dollars canadiens, pas un sou de plus. La ville de Calgary aurait à en mettre un peu plus, plus ou moins 800 millions, une somme qui en fait grincer plus d’un au conseil municipal, à commencer par le maire, Naheed Nenshi.

Reste la part du gouvernement fédéral. A 3 semaines du référendum, le montant de sa participation reste inconnu. En toute logique, il devrait atteindre 1,5 milliard de dollars canadiens, soit la moitié de la part publique. Mais l’équipe de Justin Trudeau tarde à se dévoiler. Naheed Nenshi s’en inquiète et ne s’en cache pas. Le maire de Calgary sait bien que ses électeurs n’approuveront jamais une candidature sans en connaitre tous les chiffres. Le temps presse. A en juger par la proposition de Rachel Notley, il ne joue pas en faveur des porteurs du projet olympique.

Autre mauvaise nouvelle : la Fédération canadienne des contribuables (CTF) a déclaré en ce début de semaine apporter son soutien à la candidature de… Stockholm 2026. Un comble. Son directeur pour l’Alberta, Franco Terrazzano, s’en est expliqué dans le Calgary Herald : « La dernière chose dont Calgary a besoin, c’est plus d’impôts, plus de dette publique et plus de gestion gouvernementale. »

Selon Franco Terrazzano, Stockholm a réussi là où Calgary a échoué : monter un dossier de candidature où le coût des Jeux serait supporté en quasi-totalité par des fonds privés, sans appel aux fonds publics. « Si les Jeux olympiques pouvaient se dérouler chez nous sans avoir à puiser dans les caisses des contribuables, nous pourrions les soutenir, dit-il. Malheureusement, ce n’est pas le cas. »

Le comité de candidature n’est pas resté sans réaction après la prise de position de la CTF. Dans un communiqué, les porteurs du projet martèlent que les Jeux d’hiver 2026 constituent la « meilleure opportunité offerte à Calgary » pour les années à venir. Ils répètent que les Jeux permettraient d’injecter 4,4 milliards de dollars canadiens dans l’économie locale. « Si nous n’avons pas les Jeux, ces milliards iront ailleurs », préviennent-ils. Enfin, ils rappellent que le dispositif prévoit l’utilisation de sites déjà existants à 85%, nécessitant seulement une modernisation.

Selon une estimation de la Fédération canadienne des contribuables, les Jeux d’hiver 2026 coûteraient 2 000 dollars canadiens à chacun des foyers de la ville de Calgary.

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