Candidatures - 19/10/2018

Pour Thomas Bach, l’Argentine pourrait voir double

Thomas Bach ne perd pas de temps. Avant même le baisser de rideau des Jeux de la Jeunesse 2018 à Buenos Aires, jeudi 18 octobre, le président du CIO a évoqué devant les médias une possible candidature de l’Argentine aux Jeux d’été en 2032. Certes, il a employé le conditionnel. Mais en se gardant bien de laisser le doute envelopper ses propos.

Thomas Bach le savait : la question d’une candidature de Buenos Aires aux Jeux d’été allait lui être posée, jeudi 18 octobre, pendant la conférence de presse finale des Jeux de la Jeunesse 2018. Elle est venue d’un journaliste argentin. Le président du CIO s’y était préparé.

« Après le remarquable succès des Jeux de la Jeunesse 2018, je ne peux pas imaginer une seule personne au CIO qui doute de la capacité de l’Argentine et de Buenos Aires à organiser d’excellents Jeux olympiques », répondu Thomas Bach. Difficile de se montrer plus catégorique.

Le CIO accueillerait à bras ouverts une candidature argentine et ne s’en cache pas. Logique. Elle donnerait encore plus d’attrait à une campagne pour les Jeux d’été en 2032 où les postulants se bousculent déjà avant même de connaître la date du début de la course. L’Allemagne planche sur un projet régional. L’Indonésie a envoyé à Lausanne sa lettre d’intention. L’Australie se range derrière Brisbane et le Queensland. Les deux Corée bossent sur une candidature commune. L’Inde répète sans lassitude ses ambitions. La Russie y pense. Shanghai avoue y réfléchir.

Les Argentins se lanceront-ils ? Pas sûr. Présent jeudi au côté de Thomas Bach en conférence de presse, Gerardo Werthein s’est montré prudent. Président du comité national olympique et des JOJ 2018 à Buenos Aires, il n’a pas oublié l’épisode Rio 2016, seule édition des Jeux d’été organisée à ce jour en Amérique du Sud. Le Brésil a souffert pour en venir à bout. Gerardo Werthein le sait. Pas question, donc, de se jeter à l’eau les yeux fermés.

« Nous devons d’abord digérer et voir quelles leçons peuvent être tirées des Jeux de la Jeunesse, a expliqué posément Gerardo Werthein. Nous devons aussi voir si les Argentins en veulent, s’il existe un consensus, et si nous avons les ressources économiques suffisantes. Si nous sommes finalement d’accord pour penser que les Jeux pourraient être une bonne étape pour l’Argentine, alors il faudra s’asseoir autour d’une table, s’organiser, étudier le budget et prendre une décision. Je suis très honoré que le CIO considère Buenos Aires comme une candidate, mais il nous reviendra de décider. »

Patience, patience. Thomas Bach a entendu le message. Il en a l’habitude. Mais le président du CIO, très en verve après 12 jours à sauter d’un site à l’autre aux Jeux de la Jeunesse, a sorti une autre carte de sa poche. Elle était moins attendue.

A en croire le dirigeant allemand, l’Argentine pourrait courir deux lièvres à la fois. Un œil sur les Jeux d’été en 2032, un autre sur les Jeux de la Jeunesse d’hiver 2024. Thomas Bach les verrait bien poser leur décor à la pointe sud du pays, à Ushuaïa.

« Nous avons été très impressionnés par les équipements à Ushuaïa et dans les montagnes, a confié Thomas Bach. Beaucoup d’équipes étrangères viennent s’y préparer avant le début de la saison des sports d’hiver. Elles sont toutes très satisfaites des conditions, tout à la fois sur les pistes et en dehors. » Le président du CIO a ajouté : « Ushuaïa pourrait étudier la possibilité de déposer une candidature aux Jeux de la Jeunesse d’hiver en 2024, même s’il y a encore du chemin à parcourir. »

L’Argentine n’en attendait pas tant. Mais elle doit d’abord digérer.

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