Candidatures - 12/09/2018

Pour Calgary 2026, la note continue à s’alourdir

Le rideau est levé sur le projet de Calgary pour les Jeux d’hiver en 2026. Le comité de candidature canadien a dévoilé ses chiffres, mardi 11 septembre. Ils semblent plein de promesses. Mais, en tête de la liste, l’un d’eux devrait faire le bonheur des opposants aux Jeux.

Selon la dernière analyse, détailléee mardi par Mary Moran, la présidente de Calgary 2026 (photo ci-dessous), organiser les Jeux d’hiver coûterait la somme estimée de 5,23 milliards de dollars canadiens, soit environ 3,45 milliards d’euros. En soi, rien de rédhibitoire. Les Russes en ont dépensé dix fois plus pour les Jeux de Sotchi en 2014.

Seul ennui, mais de taille : le chiffre se révèle supérieur aux estimations de la dernière évaluation, réalisée par le comité exploratoire de la candidature canadienne. Elle prévoyait un budget de 4,6 milliards de dollars (3,03 milliards d’euros).

A l’époque, la somme avait fait tousser. Les groupes d’opposants au projet olympique l’avait brandie comme un étendard. Trop cher, avaient-ils martelé.

La facture s’annonce donc plus lourde. Pas forcément une bonne nouvelle pour une candidature appelée à passer par l’étape souvent suicidaire du référendum. Il est annoncé pour le 13 novembre 2018. Au dernier pointage, les deux camps se tiennent dans un mouchoir.

Autre mauvaise nouvelle : le comité d’organisation ne fait pas mystère d’une facture finale encore supérieure. L’inflation, la hausse possible des coûts de sécurité, voire un fléchissement de l’économie, constituent autant de facteurs susceptibles de plomber le budget.

Dans le détail, les autorités canadiennes prendraient à leur charge plus de la moitié du budget, soit 3 milliards de dollars. Il n’a pas encore été décidé qui payerait le plus gros de la note, entre la ville de Calgary, la province de l’Alberta et l’état fédéral. Mais il semble que le gouvernement de Justin Trudeau soit le plus sollicité. Il pourrait aller jusqu’à régler la moitié de la part publique. Le gouvernement provincial a promis, de son côté, de dévoiler sa contribution au moins 30 jours avant le référendum.

Le reste des coûts, soit 2,23 milliards de dollars, serait couvert par un financement privé, classique dans l’univers olympique : la contribution du CIO, le marketing et la billetterie.

A deux mois presque jour pour jour du référendum, cette nouvelle estimation apporte de l’eau au moulin des opposants. Mais les porteurs du projet le répètent comme un refrain : les Jeux pourraient s’avérer une excellente affaire, pour la ville, la province et même le pays tout entier. Selon Mary Moran, ils devraient attirer 2,2 milliards de dollars d’investissement privé et 1,5 milliard de financement fédéral.

En prime, les JO d’hiver en 2026 contribueraient à la création de 2 200 emplois pour la communauté. Ils laisseraient en héritage à la population un minimum de 600 logements abordables, plus un complexe de 200 résidences destinées aux personnes âgées.

Au total, chaque dollar investi dans l’événement en rapporterait 5 à Calgary, à l’Alberta et au Canada.

Voilà pour les chiffres. Peu engageants au premier regard, mais à la réflexion plutôt séduisants. Pour le reste, le projet de Calgary ne révèle aucune réelle nouveauté. Le dispositif s’appuie largement sur les équipements construits pour les Jeux d’hiver en 1988. La plupart d’entre eux seraient soumis à un sérieux lifting, mais l’opération permettrait d’assurer leur utilisation pour 30 années supplémentaires.

Le dossier de candidature prévoit la construction de deux infrastructures, une aréna de 5 à 6 000 places, destinée au hockey sur glace, et un complexe multisport  de 10 000 places, utilisé pour le patinage artistique et le short-track.

Enfin, certaines compétitions se tiendraient à Canmore, à Nakiska, dans les montagnes Rocheuses, et à Whistler, en Colombie-Britannique, pour le saut à ski.

Prochaine étape : une réunion du conseil municipal de Calgary, prévue en fin de journée mardi 11 septembre. Les élus reprendront le dossier. Ils soupèseront ses derniers chiffres. Il leur faudra ensuite décider entre deux options : poursuivre l’aventure jusqu’au référendum du 13 novembre, ou envoyer le projet aux oubliettes.

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