Événements - 27/04/2018

« Peut-être 1 ou 2 sports additionnels à Paris 2024 »

Andrew Parsons est en France. Le président du Comité international paralympique (IPC) est l’invité de l’équipe de Paris 2024. Il a planché jeudi 26 avril sur la « revue de projet » des futurs Jeux paralympiques. Il participe ce vendredi à un « séminaire d’orientation » à l’INSEP.

Dans les deux cas, une même ambition: dessiner d’un trait précis le profil et la vision des Jeux paralympiques, les premiers jamais organisés dans la capitale française. Avant de poser ses bagages à Paris, le jeune dirigeant brésilien a répondu aux questions de FrancsJeux, la semaine passée à Bangkok, dans le cadre de SportAccord 2018.

FrancsJeux: Six semaines ont passé depuis la fin des Jeux paralympiques de PyeongChang. Quelle impression vous ont-ils laissée? 

Andrew Parsons: Nous avons vécu à PyeongChang des Jeux d’hiver extraordinaires. Ils ont été les plus grands de l’histoire en nombre d’athlètes, de pays représentés, de médias, de diffuseurs et de spectateurs. Les grands moments sportifs de ces Jeux resteront légendaires. Bien sûr, nous avions quelques sujets d’inquiétude dans les derniers mois de la préparation, surtout pour la billetterie. Mais nous avons pu travailler main dans la main avec les autorités du pays et avec le comité d’organisation pour régler le problème. A l’arrivée, nous ne pourrions pas être plus heureux de ces Jeux de PyeongChang.

Comment analysez-vous le succès populaire de ces Jeux d’hiver, peu attendu mais finalement assez spectaculaire?

Je l’analyse comme une illustration du développement du mouvement paralympique. Les dernières éditions des Jeux d’hiver ont connu le succès. Les diffuseurs augmentent leur couverture de l’événement. Aujourd’hui, les gens ont compris que les Jeux d’hiver pouvaient être aussi excitants que ceux d’été. Ils viennent d’un peu partout dans le monde pour assister aux épreuves.

Quelle vision avez-vous du mouvement paralympique pour les prochaines années?

Ma priorité, aujourd’hui, est de développer notre base, c’est à dire les comités nationaux paralympiques. Sans eux, l’IPC n’aurait aucune raison d’être. Nous devons les aider à grandir et à se développer. Actuellement, le mouvement recense plus ou moins 25 comités nationaux paralympiques solidement installés et organisés. Ils forment le premier groupe. Nous devons accompagner les pays des groupes inférieurs à suivre leurs traces. Mes autres priorités, pour les 4 années à venir, concernent la question des classifications, le positionnement de l’IPC comme une organisation reconnue et influente du mouvement sportif, et enfin nos relations avec le CIO.

L’IPC a signé avec le CIO un nouvel accord de coopération jusqu’en 2032. En quoi est-il différent du précédent contrat?

La première nouveauté concerne le partenariat. L’accord signé avec le CIO à PyeongChang prévoit une collaboration plus étroite de l’IPC avec les sponsors des Jeux, notamment les sociétés membres du programme TOP. Il est également prévu une plus grande présence de l’IPC et de ses sports sur la chaîne olympique. Nous allons aussi être plus associés aux réformes du CIO, dont l’Agenda 2020 et la Nouvelle norme. Cet accord nous assure une plus grande stabilité sur le long terme, puisqu’il court jusqu’en 2032.

A vos yeux, les Jeux paralympiques ont-ils aujourd’hui leur bonne taille? Envisagez-vous de suivre l’exemple du CIO et d’intégrer au cas par cas des sports additionnels?

Tout le monde cherche à réduire les coûts des Jeux. La marge de manœuvre pour augmenter les Jeux en termes de nombre est devenue réduite. Notre accord avec le CIO nous autorise à 23 sports dans le programme. Nous en sommes à 22. Mais, plutôt que chercher à augmenter la taille des Jeux, je préfère me concentrer sur l’ambition d’en renforcer la qualité. Nous avons un bon produit, mais nous devons le rendre encore meilleur.

Avez-vous déjà une idée précise du programme des futurs Jeux paralympiques?

Pour Tokyo, nous allons en rester à nos 22 sports actuels. Pour la suite, tout est en discussion. Nous avons créé un comité d’étude pour réfléchir à la place des sports, aux disciplines, à l’équilibre entre les handicaps. Pour Paris 2024, nous sommes déjà en discussion avec le comité d’organisation. Le programme sera annoncé en janvier prochain. Nous envisageons, à la demande du COJO, d’ajouter 1 ou 2 sports qui pourraient être considérés comme additionnels. Le nouvel accord signé entre le CIO et l’IPC ouvre la porte à une telle évolution.

Que pensez-vous de la façon dont Paris 2024 envisage les Jeux paralympiques?

Nous en sommes au tout début de la préparation, mais j’ai déjà évoqué la question à plusieurs reprises avec l’équipe de Paris 2024. Je sais ce qu’ils veulent faire. J’en suis très heureux. J’ai également rencontré le Premier ministre, Edouard Philippe, et la maire de Paris, Anne Hidalgo. Elle m’a informé de la vision qu’elle avait de l’événement et de l’héritage des Jeux paralympiques sur la capitale. Tout se passe bien, mais nous sommes aussi au courant des différents rapports sur les possibles dérapages budgétaires. La question nous concerne, évidemment. Nous allons travailler avec le COJO et le CIO sur les moyens d’une réduction des coûts. Mais j’ai confiance dans le leadership de Paris 2024, Tony Estanguet, Etienne Thobois, Anne Hidalgo. Ils veulent faire des Jeux rationnels sur le plan budgétaire, mais capables de laisser une empreinte durable dans la société toute entière et son regard sur les personnes en situation de handicap.

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