Candidatures - 07/03/2018

« Stockholm 2026 a cessé d’être une question politique »

La course aux Jeux d’hiver en 2026 n’est pas encore officiellement lancée, mais les postulants se préparent. Parmi eux, Stockholm. Le projet de la capitale suédoise semblait moribond, miné par les clivages politiques, mais il a retrouvé du souffle. Richard Brisius, son directeur général (photo ci-dessous), l’a expliqué à FrancsJeux.

FrancsJeux: En décembre dernier, le projet de candidature de Stockholm pour les Jeux d’hiver en 2026 semblait condamné. Puis son abandon a été démenti. Où en êtes-vous aujourd’hui?

Richard Brisius: Nous sommes officiellement entrés dans la phase de dialogue proposée par le CIO, en qualité de ville intéressée par une candidature aux Jeux d’hiver en 2026. Depuis 9 mois, nous avons entamé en Suède un long travail pédagogique, pour expliquer la nouvelle donne du CIO, inspirée de l’Agenda 2020, et la façon dont elle pourrait nous permettre d’organiser les Jeux en Suède. Ce travail porte ses fruits, car notre projet bénéficie aujourd’hui d’un soutien de plus en plus large, dans la région de Stockholm comme dans le reste du pays. Nous avançons pas à pas. La prochaine étape consistera à entrer dans la phase de candidature.

En décembre dernier, le projet était menacé de disparaître faute d’un soutien politique suffisant. Est-ce toujours le cas?

Non. La situation a évolué. La maire de Stockholm (Karin Wanngard) a toujours été très favorable aux Jeux d’hiver. Mais en avril dernier, elle a réalisé que le soutien au sein du conseil municipal était insuffisant. Le conseil est composé d’une coalition de huit partis politiques, quatre de chaque côté. Depuis, les choses ont changé. Les partis ont réalisé, les uns après les autres, que les exigences imposées à une ville-hôte étaient de plus en plus réduites. En termes d’investissement, par exemple, la dépense serait minuscule. La peur du risque a disparu. Et, avec elle, l’opposition politique au projet.

Quelle sera la prochaine étape à franchir?

Nous recueillons un soutien de plus en plus fort des partis. La question des Jeux n’est plus vraiment politique. La prochaine étape sera de passer de la phase de dialogue à celle d’une candidature.

Aurez-vous recours à un référendum?

Je ne sais pas. Mais cette option est peu probable, car nous n’avons pas en Suède une grande tradition de référendums, surtout pour des questions de cet ordre. L’un des partis au sein du conseil municipal de Stockholm en souhaitait un, au début du processus, mais il est minoritaire. Aujourd’hui, ses membres ont compris que l’Agenda 2020 avait changé la donne.

 

 

Stockholm avait abandonné son projet de candidature aux Jeux d’hiver en 2022, avançant des raisons budgétaires. En quoi ce projet est-il différent?

Pour les Jeux de 2022, une candidature réclamait des investissements et infrastructures beaucoup plus lourds. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le processus de candidature lui-même était coûteux. Il l’est aujourd’hui nettement moins.

Les sites proposés sont-ils très différents du dossier préparé pour les Jeux d’hiver en 2022?

Pas vraiment. Nous ne construirons pas de piste de luge, bobsleigh et skeleton, car le CIO n’exige plus d’en avoir. Nous avons prévu de déplacer à Are certaines pistes de ski. Et nous voulons construire certains sites. Un anneau de patinage de vitesse, par exemple, et une piste de ski nordique à Stockholm même. Ces disciplines sont extrêmement populaires en Suède, mais nous manquons d’équipements. Nous les ferons car nous en avons besoin, pas seulement dans la perspective des Jeux.

Faute d’un équipement en Suède, où seraient disputées les épreuves de luge, bob et skeleton?

A l’étranger. Nous avons déjà entamé des discussions avec la Lettonie. Le pays possède une piste magnifique à Sigulda. Nous irions là-bas.

Face à des candidatures traditionnelles, comme Sion, Calgary ou l’Autriche, comment comptez-vous faire la différence?

Je ne veux pas comparer avec les autres projets, mais nous avons quelque chose d’unique, en Suède. Un modèle unique de durabilité, non seulement en termes d’environnement, mais également de démocratie. La Suède est un petit pays, mais mais nous cherchons à faire les choses de la meilleure façon possible.

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