Institutions - 13/10/2017

Valérie Fourneyron, la nouvelle « Madame Propre »

Les candidats à un écart de conduite sont prévenus: une page se tourne dans la lutte contre le dopage dans le sport. La nouvelle donne s’annonce plus crédible. Bonne nouvelle, elle sera prête pour les prochains Jeux d’hiver, à partir du 9 février 2018 à PyeongChang.

Thomas Bach, le président du CIO, l’a annoncé jeudi 12 octobre, via un communiqué: la nouvelle autorité de contrôle indépendante (ACI), mise sur pied par l’Agence mondiale antidopage (AMA), est désormais une réalité. Elle existe. Enfin. Dans la foulée, le voile a été levé sur l’identité de sa présidente: Valérie Fourneyron (photo ci-dessus), l’ancienne ministre française des Sports.

La nomination de la Française, ex députée et maire de Rouen, ne constitue pas une surprise. Valérie Fourneyron avait déposé une candidature pour présider l’autorité de contrôle. Elle dirigeait déjà le comité médical de l’AMA. Elle a également piloté de groupe de travail sur la création de l’ACI.

Un choix logique, donc. Surtout, une désignation qui laisse espérer que la nouvelle ACI saura respecter son ambition d’indépendance. Valérie Fourneyron n’est directement liée à aucune des institutions du mouvement sportif international. A la différence des trois autres des membres de cette autorité de contrôle. Le Turc Ugur Erdener cumule en effet les fonctions de président de la Fédération internationale de tir à l’arc et de membre de la commission exécutive du CIO. L’Italien Francesco Ricci Bitti, ancien président de la Fédération internationale de tennis, préside l’Association des fédérations internationales des sports olympiques d’été (ASOIF). Enfin, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry est membre du CIO, au titre de la commission des athlètes. Le dernier appelé, le Chinois Peilie Chen, a été choisi en tant que membre indépendant.

Sur le principe, l’ACI a vocation à se mettre à la disposition des fédérations internationales ou des comités d’organisation des grands événements. Mais, précision, à condition d’être sollicitée par les unes ou les autres. Il semble déjà acquis que l’UCI et la FIFA se passeront de ses services, les deux organisations ayant pris les devants en mettant en place leur propre système de contrôle, présumé indépendant.

Thomas Bach l’a juré sur la bible: « Le CIO pourra compter sur les services de l’ACI aux Jeux d’hiver de Pyeongchang 2018 ». Un événement olympique où la participation de la Russie n’est toujours pas tranchée, à moins de 4 mois de l’ouverture.

Réaction de Valérie Fourneyron, citée par l’AFP: « Cette nouvelle autorité indépendante de tests est une bonne nouvelle pour la lutte antidopage et la protection des athlètes propres. Elle doit permettre de sortir du conflit d’intérêt, réel ou perçu ».

Réaliste? Difficile à dire. Certes, la nouvelle autorité n’aura de compte à rendre à personne. Elle n’aura a priori aucun intérêt particulier à défendre. Mais son budget sera assuré, au moins dans un premier temps, par le CIO. Gênant. A terme, elle pourrait être financée par ses propres clients, les fédérations internationales ou les organisateurs d’événements étant censés rétribuer ses services.

Un premier test grandeur nature l’attend aux Jeux de PyeongChang 2018. Un événement où son indépendance, et celle de ses membres, pourraient être mises à l’épreuve.

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