— Publié le 29 octobre 2015

« L’Agenda 2020 nous donne une chance de gagner »

Candidatures Focus

Personne n’attendait vraiment Budapest dans la course aux Jeux d’été en 2024. Mais la capitale hongroise, longtemps seulement velléitaire dans ses ambitions olympiques, a finalement décidé de se lancer. Son début de campagne s’avère encore discret, mais son projet ne manque pas d’arguments. Fürjes Balazs (notre photo), le patron du comité de candidature, présent à Washington DC pour l’assemblée générale de l’ACNO, les a expliqués à FrancsJeux.

FrancsJeux: Qu’attendez-vous de votre visite à Washington, cette semaine, où est réunie une grande partie des représentants du mouvement olympique?

Fürjes Balazs: Il est très important pour nous d’être présents à Washington. Nous sommes un peu les nouveaux venus dans cette course aux Jeux. Nous sommes là pour apprendre, écouter et découvrir. Nous écoutons les membres du CIO, des comités nationaux olympiques, les athlètes, les représentants des fédérations internationales…

Budapest a longtemps manifesté des velléités de se porter candidate aux Jeux, mais sans jamais aller au bout de son projet. Pourquoi le faire aujourd’hui?

La réponse tient en partie dans la nouvelle donne du CIO, représentée par l’Agenda 2020. Elle donne une chance à des villes comme la nôtre de se présenter aux Jeux avec la possibilité de l’emporter. L’Agenda 2020 constitue, à nos yeux, une sorte de retour aux sources pour les Jeux olympiques, à une époque où ils s’étaient déroulés dans des villes comme Anvers, Helsinki ou Stockholm. Mais cette nouvelle donne n’explique pas à elle seule notre présence dans la course. Le plus important pour nous est de présenter un projet qui réponde aux attentes des athlètes, du CIO, des fédérations internationales et du public.

Comment avez-vous construit votre projet olympique?

Il repose sur trois fondements. Le premier est l’Agenda 2020. Le deuxième dépasse le cadre des Jeux et touche au développement de Budapest et de la Hongrie. En 2024, nous célébrerons les 20 ans de l’entrée de notre pays dans l’Union européenne. Appartenir à l’Europe a contribué à développer nos équipements et nos infrastructures, notamment en termes de transports, de bâtiments publics, d’installations sportives… Enfin, le troisième pilier de notre candidature est notre amour des Jeux. La Hongrie voue une passion historique pour les Jeux et les valeurs olympiques. Mais elle est aujourd’hui la seule nation, figurant dans le top 10 des pays les plus médaillés de l’histoire, à n’avoir jamais organisé les JO.

L’Agenda 2020 incite à proposer un dispositif peu coûteux et durable. C’est le cas du vôtre?

Oui. Budapest est une petite ville, moins importante que ses rivales dans la course aux Jeux. Cela nous permet de proposer un dispositif compact. La plupart des installations existent déjà ou seront construites même sans les Jeux. Le centre aquatique, par exemple, est déjà en travaux. Il sera terminé pour les championnats du monde de natation en 2017. Le stade Ferenc Puzkas, une enceinte de 65 000 places, sera inauguré l’an prochain. La plupart des sites seront concentrés sur Budapest, mais notre projet est aussi celui de toute une nation, d’où notre volonté de prévoir certaines épreuves éliminatoires, pour des sports collectifs notamment, dans plusieurs villes de province.

Quel sera le budget de votre candidature?

40 à 45 millions d’euros.

La question du soutien à la candidature revient souvent parmi les priorités du CIO…

Les sondages réalisés avant le dépôt officiel de la candidature, le 15 septembre, oscillaient entre 50 et 66% d’opinions favorables. Nous allons en réaliser un autre au début du mois de décembre. Politiquement, le projet olympique recueille un large consensus. Plus de 80% des membres du Conseil municipal de Budapest et du Parlement de Hongrie ont voté en faveur de la candidature.

Quels seront les visages de la candidature, les athlètes qui en porteront le flambeau?

Il est trop tôt pour donner des noms. Nous avons aujourd’hui l’embarras du choix, mais nous allons impliquer dans le projet une grande variété d’athlètes hongrois, depuis un champion olympique de water-polo âgé de 80 ans jusqu’à une jeune nageuse encore en compétition. Je peux vous dire que Krisztina Egerszegi (quintuple médaillée d’or olympique en natation) fera partie du comité de candidature.

En cas d’échec, serez-vous encore candidats pour les Jeux de 2028?

Nous ne raisonnons pas ainsi. Nous avons un seul but: gagner en 2024. Imaginer un plan B serait une perte de temps et d’énergie. Nous sommes réalistes: aujourd’hui, si vous allez à Londres chez les bookmakers, la cote de Budapest pour les Jeux de 2024 est sûrement la plus élevée. Mais parier sur nous pourrait s’avérer une très bonne affaire…