Institutions - 19/03/2014

L’affaire dont le Qatar n’a vraiment pas besoin

Le Qatar a-t-il acheté des voix à la FIFA pour décrocher l’organisation du Mondial de football en 2022? Une enquête du quotidien anglais The Daily Telegraph suggère que l’ex-président de la Concacaf, Jack Warner, aurait reçu environ 1,43 million d’euros d’une entreprise du Qatar détenue par Mohamed Bin Hammam, alors proche des organisateurs du Mondial 2022.

Les faits, d’abord. Selon le journal britannique, qui a eu accès à certains documents confidentiels, l’une des société détenue par Jack Warner, Jamad, aurait perçu la somme de 1,43 millions d’euros de la part d’une entreprise détenue par Mohamed Bin Hammam pour des travaux réalisés entre 2005 et 2010. Le document en question précise, noir sur blanc, que la somme peut être « versée à Jack Warner ».

Le Daily Telegraph précise également que Jack Warner, ex-vice président de la FIFA démissionnaire en juin 2011, aurait personnellement reçu 860.000 euros et son fils environ 540.000 euros, juste après l’attribution du Mondial au Qatar en décembre 2010. Une partie des fonds aurait été versée via une banque à New York, amenant ainsi le FBI à ouvrir une enquête.

A l’époque des faits, le Qatari Mohamed Bin Hammam présidait la Confédération asiatique de football. Il était alors en première ligne sur la candidature du Qatar pour le Mondial 2022. L’année suivante, il a tenté sa chance dans la course à la présidence de la FIFA, contre le Suisse. En vain. Reconnu coupable de corruption par le comité d’éthique de la Fédération internationale, il a été suspendu à vie.

Jack Warner, originaire de Trinidad-et-Tobago, a dirigé la Concacaf pendant près de 30 ans. Mais lui aussi a été poussé vers la sortie, en juin 2011, après avoir été accusé de remise de pots-de-vin à des délégués des Caraïbes en échange de leurs votes en faveur de Mohamed Bin Hammam lors de l’élection présidentielle à la FIFA.

L’affaire n’est pas anodine, sans être pour autant totalement surprenante. Mais les uns et les autres y opposent pour l’instant un silence de façade ou quelques commentaires d’usage. Jack Warner et sa famille n’ont pas commenté les affirmations du Daily Telegraph. Le comité d’organisation du Qatar 2022 s’est borné à expliquer avoir « scrupuleusement suivi le code éthique de la FIFA ». Quant à la Fédération internationale, elle répond n’avoir « aucun commentaire à faire. »

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