Événements - 15/02/2014

« Nos scientifiques sont plus intelligents que les athlètes »

Les Jeux de Sotchi sont-ils propres ? Le dopage y est-il éradiqué ? Au CIO, on le croit. Ou, du moins, on cherche à s’en convaincre. A ce jour, l’armée de scientifiques en charge des contrôles antidopage n’a ramené aucun poisson dans ses filets. Une pêche infructueuse. Et pourtant, les efforts déployés par l’institution olympique ne se relâchent pas. Arne Ljungqvist, le président de la commission médicale du CIO, a divulgué ses chiffres: 2453 contrôles devraient être effectués pendant les Jeux de Sotchi, dont un peu plus de la moitié hors compétition. Pour un résultat toujours négatif.

Le secret? « Il est toujours difficile de répondre, suggère le professeur suédois. Entre les athlètes et les scientifiques, lesquels sont les plus intelligents? Aujourd’hui, j’ai la tentation de penser que nos scientifiques sont devenus plus malins. Notre programme de lutte antidopage n’a jamais été aussi efficace.  »

Le programme en question a subi quelques variantes depuis les derniers Jeux. A Sotchi, les contrôles hors compétition sont plus nombreux que ceux effectués après les épreuves. Les échantillons seront désormais conservés dix ans par le CIO, avec la possibilité de les analyser à nouveau au cours de la décennie à venir. Surtout, les responsables de la lutte antidopage n’avancent plus en aveugles. Richard Budgett, le nouveau directeur médical du CIO, explique: « Nous ciblons désormais beaucoup mieux les athlètes potentiellement suspects, grâce à tout un réseau d’informations fournies par l’AMA, par les comités olympiques nationaux, les fédérations internationales, les agences nationales antidopage… »

Les hockeyeurs de la NHL n’échappent pas à la règle. Eux aussi ont été testés, en Amérique du Nord avant leur arrivée en Russie, puis à Sotchi depuis le début de la semaine. Leurs échantillons pourront être ré-analysés au cours des dix prochaines années, y compris lorsque les progrès scientifiques permettront de détecter les hormones de croissance. « Une perspective très proche », a assuré Arne Ljungqvist.

A Vancouver, en 2010, les Jeux ont été bouclés avec un seul cas positif. « Mais nous n’en avions relevé aucun à Albertville 92, Lillehammer 94 et Nagano 98. En revanche, il y en a eu sept à Salt Lake City 2002 et sept encore à Turin 2006, explique Arne Ljungqvist. Le balancier va et vient. » A Sotchi, le CIO semble convaincu qu’il restera dans son camp.

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