Institutions - 19/11/2013

La nouvelle bombe du CIO

L’information est révélée par la chaîne allemande ARD. Et elle fait l’effet d’une bombe. Plusieurs études menées en secret par les laboratoires de Cologne et Moscou, plusieurs centaines d’échantillons d’urine prélevés lors d’éditions passées des Jeux olympiques auraient révélé la présence de substances dopantes. Pour l’essentiel, des stéroïdes anabolisants.

L’enquête de la chaîne de télévision allemande assure que ces résultats auraient été obtenus grâce à une nouvelle méthode de dépistage, encore jamais utilisée par un ou plusieurs laboratoires accrédités. Surtout, elle révèle que le CIO serait sur le point de profiter de cette avancée dans la recherche pour tester à nouveau les échantillons conservés congelés depuis les Jeux passés.

Arne Ljungqvist, le patron de la commission médicale du CIO, l’explique: « Ce cas précis démontre toute l’utilité de refaire des tests sur les échantillons prélevés aux Jeux. Je vais certainement recommander de procéder à une nouvelle série de tests en remontant dans le passé. Après tout, nous en avons le droit. »

Interrogé par la chaîne ARD, le directeur général de l’Agence mondiale antidopage (AMA), David Howman, s’est déclaré tout aussi favorable que son collègue du CIO à un nouvel examen des échantillons. « Nous ne pouvons que recommander au CIO d’aller plus avant dans la recherche », dit-il.

Selon les premiers éléments, les produits dopants les plus souvent trouvés appartiendraient à la catégories des stéroïdes. Avec, en tête de liste, le désormais célèbre Stanozolol, découvert dans les urines du Canadien Ben Johnson après sa victoire en finale du 100 m aux Jeux de Séoul en 1988. Cité par l’agence Reuters, un chercheur russe du laboratoire de Moscou assure qu’une centaine d’échantillons d’urine, tous négatifs à l’époque des contrôles, mais conservés congelés depuis la date de la compétition, auraient tous révélés des traces de produits dopants grâce à la nouvelle méthode de dépistage.

Le CIO aura-t-il l’audace de faire remonter le passé à la surface, au risque de provoquer une nouvelle affaire de dopage à l’échelle planétaire? Aura-t-il le cran de dévoiler les noms de ces centaines d’anciens sélectionnés olympiques, une liste où figurent à coup sûr plusieurs dizaines de médaillés aux Jeux? A Thomas Bach, son nouveau président, de trancher.

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