Institutions - 23/08/2013

Y a-t-il quelqu’un pour soutenir Pat McQuaid ?

Les temps sont durs pour Pat McQuaid. Le président sortant de l’Union Cycliste Internationale (UCI), en course pour un troisième mandat, se sent de plus en plus seul à un mois et quelques jours de l’élection, prévue le 27 septembre à Florence, en Italie. Depuis deux jours, il n’est même plus, réglementairement parlant, en position de se présenter à sa réélection. La Fédération suisse de cyclisme (Swiss Cycling) a en effet décidé de lui retirer son soutien.

 

Petit rappel des épisodes précédents. A l’automne dernier, Pat McQuaid résiste à la demande, formulée ici et là dans le monde du cyclisme, de présenter sa démission de président de l’UCI après la publication du rapport de l’Agence antidopage américaine sur Lance Armstrong. Un rapport dans lequel son nom est cité à plusieurs reprises, pour avoir protégé le coureur américain. Le dirigeant irlandais s’obstine. Mieux : il annonce son intention de briguer un troisième mandat à la tête de l’UCI. Selon les statuts de l’institution, un candidat à la présidence doit être soutenu formellement par au moins trois fédérations nationales.

 

Coup dur pour Pat McQuaid : l’Irlande, son propre camp, la lui accorde, avant de faire volte-face et lui retirer son soutien. Le président sortant se tourne alors vers ses « amis » et obtient l’aval du Maroc, de la Thaïlande, puis finalement de la Suisse.

 

S’engage alors une guerre des mots et une bataille de communiqués entre Pat Mc Quaid et son adversaire pour le poste, Brian Cookston, le patron du cyclisme britannique. Le premier reproche au second un programme « faussement novateur, irréaliste et intenable sur le plan financier. » En retour, l’Anglais accuse l’Irlandais d’être un « dictateur » responsable des maux actuels du cyclisme professionnel. Ambiance.

 

Le retrait de Swiss Cycling, décidé après un long débat interne, a coûté sa place à son président, Richard Chassiot, en poste depuis mars 2012. Surtout, il compromet sérieusement les chances de réélection de Pat McQuaid. Le président de l’UCI n’a pourtant pas abandonné toutes ses chances de conserver son fauteuil. La Fédération malaisienne a en effet demandé que soit soumis au vote, lors du Congrès de l’UCI, un amendement permettant à un candidat de pouvoir se présenter à la présidence s’il a obtenu le soutien de deux fédérations, et non plus trois. Une demande téléguidée par McQuaid lui-même ? L’intéressé dément, évidemment : « Il y a eu une insinuation disant que j’avais été impliqué dans ce processus avec la Fédération malaisienne. Mais je n’ai eu absolument aucune discussion avec la Fédération malaisienne sur ce sujet».

Réponse de Brian Cookston : « Aucune tentative de manipulation et de fanfaronnade juridique ne peuvent dissiper les doutes et les interrogations. Le principe important dans toute démocratie est de respecter les règles telles qu’elles sont, et non pas à la façon dont vous voulez qu’elles soient. » Le cyclisme professionnel n’avait vraiment pas besoin d’une telle affaire.

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