Institutions - 15/04/2013

France-Australie, le choc des cultures à la FISA

Qui succédera à Denis Oswald, le tout-puissant président de la Fédération internationale des sociétés d’aviron ? Dans l’immédiat, personne. Ou plutôt, pardon, lui-même. Le dirigeant suisse a fait voter lors du récent congrès de la FISA, réuni à Copenhague, une résolution singulière et inédite : la prochaine Assemblée générale de l’institution, prévue pour le 2 septembre 2013 en Corée du Sud, se prononcera en même temps pour la réélection de Denis Oswald… et pour le choix de son successeur. L’actuel président de la FISA, âgé de 65 ans, en poste depuis 1989, souhaite en effet s’engager pour un nouveau mandat, mais réduit à six à huit mois, en connaissant l’identité de son futur remplaçant.

Depuis, deux noms émergent : Jean-Christophe Rolland et John Boultbee. Un Français face à un Australien. Un ancien champion olympique, sacré en deux sans barreur aux Jeux de Sydney, contre un dirigeant incontournable de l’aviron mondial, actuel président de la commission des compétitions de la FISA, membre influent de son comité exécutif.

Jean-Christophe Rolland, présenté de longue date comme le « poulain » de Denis Oswald, a fait acte de candidature à l’automne dernier. John Boultbee s’est déclaré plus récemment. A cette courte liste se rajouteront peut-être d’autres noms. Ceux, par exemple, de la Canadienne Tricia Smith ou de l’Américaine Anita DeFrantz, elles aussi élues au comité exécutif (où Jean-Christophe Rolland ne siège plus, se contentant pour l’instant d’une place au Conseil).

Dans sa manche, Jean-Christophe Rolland possède quelques belles cartes. Il aura le soutien de Denis Oswald et les voix de l’Europe, où les fédérations nationales se sentent en position minoritaire dans les hautes sphères de la FISA. Le Français, seulement âgé de 45 ans, représente l’avenir. Employé par EDF dans sa branche britannique, il réside à Londres, où il avait en charge jusqu’à l’an passé le partenariat de l’entreprise française avec les Jeux olympiques et paralympiques. Il est parfaitement bilingue français-anglais. Et il aurait déjà obtenu de son employeur la disponibilité nécessaire à la fonction présidentielle.

En face, John Boultbee avoue 63 ans. Ancien directeur de l’Institut australien des sports (AIS) de Canberra, cet avocat siège depuis près de 20 ans au Tribunal arbitral du sport. Lui aussi polyglotte, très influent à la FISA, il peut mettre en avant les fonctions diverses et souvent décisives qu’il a occupées depuis les années 80. Il en a été le secrétaire général entre 1989 et 1995.

Entre les deux hommes, la bataille pour la présidence de l’aviron mondial se présente comme un match des extrêmes. Et, en filigrane, un nouveau bras de fer entre le monde anglo-saxon et la sphère francophone.

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