Candidatures - 20/03/2013

Face à la crise, Madrid bombe le torse

Petit évènement, mardi 19 mars, dans les rues de Madrid. Sans conséquence mais non sans intérêt. Au deuxième jour de la visite de la commission d’évaluation du CIO dans la capitale espagnole, un groupe d’opposants à la candidature ibérique pour les Jeux de 2020 a déployé devant la petite troupe d’experts et d’élus olympiques pancartes et banderoles. Sur l’une d’elles, ce message : « S’il vous plaît, éliminez-nous. »

A en croire les témoins, cette colonie de protestataires était « peu nombreuse mais bruyante. » Peu importe. En dépit d’un soutien de la population madrilène annoncé à 81%, la candidature espagnole pose questions dans un pays miné par la crise, où le taux de chômage dépasse les 25%. Madrid et l’Espagne ont-ils réellement les moyens de postuler à un évènement dont le coût se chiffre en milliards d’euros de dépenses publiques ?

La manifestation d’opposition, mardi 19 mars, a donné l’occasion à Juan Antonio Samaranch Jr. d’apporter son lot de réponses. Membre du CIO et premier soutien du dossier Madrid 2020, il a sorti ses chiffres et déployé ses arguments. « L’argent a déjà été investi, a-t-il expliqué, précisant que près de 80% des installations olympiques étaient déjà construites. Contrairement à Rome, qui s’est retirée de la course sous le prétexte que la ville n’avait pas les moyens de continuer, Madrid ne peut pas se permettre de ne pas poursuivre l’aventure. »

Selon les estimations de l’équipe de candidature, l’organisation en Espagne des Jeux d’été de 2020 coûterait environ 1,5 milliards d’euros, à débourser entre la fin de l’année 2013 et l’été 2020. Mais les retombées de l’évènement sur le PIB espagnol atteindraient environ 3,8 milliards d’euros. La préparation de l’évènement permettrait également la création de 83 000 emplois.

« En échange d’un investissement minime, les Jeux permettraient de relancer notre économie, a insisté Juan Antonio Samaranch Jr. Il n’y aurait aucun risque financier à nous confier les Jeux, car la dépense a déjà été consentie. »

Après le dopage, lundi, Madrid et l’Espagne ont entrepris au deuxième jour de la visite des envoyés du CIO de réduire en miettes un autre de leur présumé point faible. On attend la suite avec impatience.

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