Institutions - 15/03/2013

Influent, le sport français ?

Les clichés ont la vie dure. Dans les couloirs du mouvement sportif français, il se dit depuis longtemps que la perte d’influence de la France sur la planète sportive serait la conséquence, entre autres raisons, d’une trop faible représentation dans les instances internationales. L’argument avait été brandi comme un étendard après la défaite, étroite mais cruelle, de la candidature de Paris dans la course aux Jeux de 2012. Il a été repris après celle, spectaculaire au point d’en être humiliante, du dossier d’Annecy pour les JO d’hiver de 2018.

Une étude minutieuse et pertinente menée par l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et le CFRS (Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques) démontre le contraire. Et le prouve, chiffres à l’appui. Son titre : « Les stratégies de diplomaties sportives, nouveaux outils de rayonnement pour les Etats. » Ses conclusions : le sport français est loin de souffrir d’une sous représentation dans les institutions européennes ou mondiales. Il s’y taille même une part généreuse.

Les chercheurs de l’IRIS et du CFRS ont comparé la présence française, allemande et britannique dans les fédérations internationales des sports olympiques d’été. Une comparaison établie sur les trois principaux postes de ces institutions : président, secrétaire général et vice-président. Le résultat est éloquent. La France compte en effet un président, Yvan Mainini (basket-ball), cinq postes de secrétaire général (Essar Gabriel à l’athlétisme, Jérôme Valcke au football, Joël Delplanque au handball, Jean-Luc Rougé au judo, Michel Dusson à la lutte), plus trois vice-présidents (Michel Platini au football, Michel Leglise à la gymnastique, Joël Bouzou au pentathlon moderne. Soit un total de neuf personnes. A cette liste, il faut ajouter Bernard Lapasset, président de l’IRB, grand artisan de l’arrivée du rugby à 7 dans le programme olympique aux Jeux de Rio en 2016.

L’Allemagne, une nation supposée très influente, compte un seul représentant, Klaus Schormann, président de l’Union internationale de pentathlon moderne. La Grande-Bretagne, jugée incontournable sur l’échiquier du mouvement sportif, en recense elle aussi un seul, encore moins bien située : John McEwen, vice-président de la Fédération internationale d’équitation. Enfin, le même rapport relève que la Chine, élevée au rang de grande puissance depuis les Jeux de Pékin, est représentée dans les fédérations internationales des sports olympiques d’été par seulement deux dirigeants : un secrétaire général à l’haltérophilie et un vice-président à la voile.

Enfin, l’étude de l’IRIS et du CFRS révèle que le sport français dénombrerait également 13 de ses membres dans les bureaux exécutifs, comités directeurs et conseils d’administration des fédérations olympiques (en novembre 2012). Preuve que les idées les plus fausses circulent sur les raisons, bonnes ou mauvaises, de sa prétendue perte d’influence.

L’étude de l’IRIS et du CFRS: http://csfrs.fr/images/Diplosport/diplosportdossier.pdf

ActualitésVoir toutes les actualités