Événements - 22/02/2013

A Rio, le CIO hausse poliment le ton

Nawal El Moutawakel n’a pas encore fait acte de candidature pour la succession de Jacques Rogge à la tête du CIO. Mais la dirigeante marocaine maîtrise l’art très présidentiel d’associer fermeté et diplomatie. Elle a conclu la quatrième visite au Brésil de la commission de coordination des Jeux de Rio, dont elle a pris la présidence depuis 2009, en recommandant très poliment aux organisateurs sud-américains d’accélérer l’allure.

En substance, Nawal El Moutawakel s’est félicitée des « progrès réalisés » depuis la dernière visite de la commission, en juin 2012. Une avancée particulièrement remarquable au village des médias, la construction et l’aménagement des sites, la montée en puissance du comité d’organisation… Mais, dans le même temps, Rio 2016 s’avère en retard sur son tableau de marche. Une évidence que la vice-présidente du CIO a relevée en expliquant que « beaucoup de travail restait à accomplir. »

A un peu plus de trois ans des Jeux, Rio et le Brésil n’inspirent pas une crainte excessive aux membres du CIO. Les travaux avancent. Les sites de compétition montent à bonne vitesse. Le parc hôtelier rattrape peu à peu son retard. Parmi les experts de la commission de coordination, l’optimisme est de rigueur. Mais il est mesuré.

Difficile, en effet, de ne pas craindre une fin de chantier hasardeuse en voyant les ouvriers du stade Maracana, où se déroulera notamment la cérémonie d’ouverture, entamer un mouvement de grève au premier jour de la visite du CIO. Leurs revendications : hausse des salaires, couverture sociale et allocation de repas.

Difficile, également, de ne pas s’inquiéter en voyant les travaux de préparation de la Coupe du Monde de football, organisée au Brésil deux ans avant les Jeux de Rio, accuser un retard certain malgré les signaux d’alarmes envoyés régulièrement par la FIFA.

« Nous serons prêts », répètent les Brésiliens. Mais les Grecs tenaient à peu près le même discours à trois ans des Jeux d’Athènes en 2004. Et il a fallu à Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO, hausser fermement le ton et proférer les pires menaces, pour les voir prendre enfin conscience de l’urgence. Nawal El Moutawakel l’a dit : il ne sera pas question de voir les travaux olympiques se terminer à la va-vite dans les derniers jours précédant l’évènement. Les Brésiliens sont prévenus.

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