— Publié le 5 février 2018

Blanchis par le TAS, les Russes restent exclus par le CIO

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Un pays chasse l’autre aux Jeux de PyeongChang 2018. Après la Corée du Nord, la Russie. Avec, dans les deux cas, le CIO dans le rôle de l’arbitre. Dimanche après-midi, Thomas Bach a pris sa tête des mauvais jours pour commenter la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), prononcée en fin de semaine passée, de blanchir 28 des 39 athlètes russes ayant fait appel de leur disqualification des Jeux.

Le président du CIO a qualifié la décision de la juridiction installée à Lausanne “d’extrêmement décevante et surprenante”. Puis il a suggéré: “Cette décision montre que le TAS doit réformer sa structure.” Le début d’un bras de fer entre les deux parties? Sans doute.

Lundi 5 février, le CIO a riposté sans retenir ses coups. L’organisation olympique a annoncé avant l’heure du déjeuner, depuis PyeongChang, que les 13 athlètes et les 2 entraîneurs russes blanchis par le TAS mais candidats à une participation aux Jeux d’hiver 2018, ne verraient pas la Corée du Sud. Leur demande d’éligibilité a été refusée. Ils resteront à la porte.

A en croire le communiqué du CIO, leurs cas ont été examinés un par un par les deux panels d’experts missionnés pour faire le tri entre les Russes présumés propres et ceux ayant trempé tout habillés dans le bain du dopage. Le premier est présidé par Valérie Fourneyron, l’ancienne ministre française des Sports. Le second est piloté par Nicole Hoevertsz, une nouvelle membre de la commission exécutive du CIO.

Les 15 dossiers sont passés entre les mains du premier groupe, baptisé “comité d’examen des invitations”. Ses membres ont estimé que les explications complètes ayant amené à la décision du TAS de blanchir les plaignants n’avaient pas été rendues publiques. En conséquence, “le panel à l’unanimité a recommandé au CIO de ne pas étendre les invitations aux Jeux de PyeongChang à ces 15 personnes, demandées par le comité olympique russe (ROC) lui-même suspendu.”

La recommandation du comité d’examen a ensuite été transmise à l’autre équipe d’experts, nommée “groupe de mise en application pour la délégation “Athlètes olympiques de la Russie”, présidé par Nicole Hoevertsz. Un second panel qui a suivi le premier et annoncé qu’aucune invitation ne serait adressée à ces 15 personnes.

A quatre jours de l’ouverture des Jeux de PyeongChang, la porte est désormais fermée à double tour pour les Russes encore candidats à un billet olympique. Ils seront 169 à défiler vendredi soir, sous le drapeau olympique, habillés d’une tenue portant l’inscription “Athlètes olympiques de la Russie”. Avec un tel contingent, la Russie pourra se vanter de présenter, même sans drapeau, hymne et emblème du pays, la troisième délégation la plus importante des Jeux, derrière les Etats-Unis et le Canada. Une forme de victoire.

Le CIO, de son côté, peut relever la tête. Il a rendu coup pour coup aux magistrats du Tribunal arbitral du sport. Mais le mouvement olympique se serait bien passé d’une nouvelle querelle de ses institutions.