— Publié le 7 juillet 2015

A Budapest, tout est prêt pour le grand saut

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C’est  fait. Ou presque. Tous les obstacles sont désormais levés à Budapest, capitale de la Hongrie, pour une candidature aux Jeux d’été en 2024. Le Parlement hongrois a donné son feu vert, lundi 6 juillet, au projet olympique. Les élus politiques ont voté à une très large majorité: 151 voix pour, 33 contre et 4 abstentions. Seule l’opposition parlementaire, marquée à gauche, a manifesté son hostilité.

La candidature officielle n’est désormais plus qu’une question de jours. Elle devrait intervenir avant la fin du mois de juillet, afin de permettre aux porteurs du projet hongrois de se déplacer en masse, et à visage découvert, à Kuala Lumpur pour la prochaine session du CIO, prévue à partir du 31 juillet. Le Conseil municipal de Budapest avait adopté le projet à une écrasante majorité le 23 juin dernier, journée olympique internationale. Tout est prêt, donc.

A l’image du dossier parisien, l’ambition olympique de Budapest a pris tout son temps pour se mettre en bon ordre et rallier les sceptiques. L’idée d’une candidature a été évoquée publiquement pour la première fois en février dernier par le comité olympique hongrois. A l’époque, le maire de la capitale, Istvan Tarlos, s’était montré plutôt tiède et ne s’en cachait pas. Mais, comme Anne Hidalgo, la maire de Paris, il a fini par se laisser convaincre. La pression du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, très favorable aux Jeux, aurait eu raison de ses réticences. Surtout, le premier élu de la capitale a compris que les résolutions de l’Agenda 2020 du CIO autorisaient un dossier aux coûts maîtrisés, sans constructions pharaoniques ni contraintes budgétaires excessives.

Le dispositif hongrois prévoit un budget d’organisation très raisonnable. Il anticipe des investissements estimés à 2,5 milliards d’euros et se risque même à avancer des recettes de 3,5 milliards d’euros. Une balance budgétaire censée mettre la population de Budapest (1,7 million d’habitants) à l’abri d’une hausse des impôts.

Autre atout: Budapest a obtenu l’organisation des Mondiaux de natation en 2017, pour lesquels a déjà été lancée la construction d’un nouveau centre nautique présenté comme l’un des plus performants au monde. Elle a également été choisie par l’UEFA pour recevoir un groupe de rencontres de l’Euro de football en 2020, un événement pour lequel a été planifiée la mise en chantier d’un stade de 68 000 places.

A ce stade du processus, les chances de Budapest de boucler en tête la course aux Jeux de 2024 ne semblent pas les plus solides. La Hongrie n’a plus déposé la moindre candidature olympique depuis 1960, une époque où elle appartenait au bloc communiste. Elle manque d’expérience dans l’organisation des grands événements internationaux. Et présente, au moins sur le papier, une attractivité inférieure à celle de Paris ou Rome. Mais l’Agenda 2020 a brouillé les cartes. La course devrait en être encore plus indécise.