INTERVIEW - 21/07/2016

Thierry ZINTZ

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Trente-sixième épisode: le Belge Thierry Zintz, vice-président du Comité olympique belge, membre de la commission de l’Education olympique du CIO.

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif ?

Thierry Zintz: Il a débuté sur le terrain. Dans les années 70, j’ai poursuivi des études en éducation sportive et sportive. Puis je suis devenu athlète, entraîneur et responsable d’un club sportif. J’ai ensuite été sollicité pour me porter candidat au conseil d’administration du Comité olympique belge (COB), où j’ai été élu. A 45 ans, certains de mes collègues m’ont suggéré de passer une thèse de doctorat. J’ai accepté. Je me suis lancé dans l’aventure, entre 45 et 49 ans, d’une thèse sur les changements institutionnels dans les organisations sportives. Un travail qui m’a conduit vers une carrière universitaire puisque j’ai été recruté, en 2005, pour enseigner à l’Université catholique de Louvain.

Quel est aujourd’hui votre rôle ?

Il est très diversifié. Je suis vice-président du Comité olympique belge, membre de la commission de l’Education olympique du CIO et je participe aux travaux du département sport de la présidence slovaque de l’Union européenne. Par ailleurs, je préside l’Observatoire européen du sport et de l’emploi (EOSE). Et, bien sûr, je suis enseignant à l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Je fais la synthèse entre un parcours académique et une expérience de terrain.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive ?

Deux choses. La francophonie sportive est d’abord une réalité, un fait. Les francophones doivent jouer un rôle positif dans l’évolution du sport. Mais ils ne doivent pas le faire en restant dans leur tour d’ivoire. Ils ne doivent pas s’isoler en se braquant sur la prééminence historique de la langue française dans certaines institutions internationales. Il faut intégrer les autres réseaux, anglo-saxons notamment, pour en faire la synthèse, y être présents et agir en complémentarité.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio 2016 ?

Beaucoup de choses. En premier lieu, un très bel événement sportif, malgré les problèmes rencontrés actuellement par le Brésil. Ces problèmes sont une réalité, il ne faut pas se voiler la face. Les Jeux de Rio exposent également à la face du monde les problématiques de gouvernance et de dopage dans le sport. J’attends des Jeux de Rio que les instances internationales, le CIO en tête, prennent ces questions à bras le corps et les traitent de façon positive. Des décisions doivent être prises, sur la gouvernance du sport et sur le dopage. Un dernier sujet qui ne doit pas être réduit au seul cas de la Russie.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles selon vous favoriser le « vivre ensemble » ?

Je viens de participer à Bratislava à un colloque sur la diplomatie sportive et l’éducation par le sport. Ce sujet me touche donc de très près. Au sein de l’Union européenne, nous traitons régulièrement de la place du sport comme outil éducatif et d’intégration sociale, par l’intermédiaire notamment du programme Erasmus +. Le sport s’impose à mes yeux comme un formidable outil pour rassembler les gens.

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