INTERVIEW - 12/07/2016

Marc VENTOUILLAC

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Trente-cinquième épisode: le Français Marc Ventouillac, journaliste à L’Equipe, président de la commission presse de l’IAAF

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif ?

Marc Ventouillac: Gamin, je me suis amusé dans beaucoup de sports : athlétisme, natation durant l’été, tennis, vélo dans la Montagne Noire, près de ma ville de Revel… Mais je n’ai atteint nulle part le haut niveau. J’étais même carrément nul la plupart du temps. Par goût, et également par chance, j’ai pu effectuer un stage au service des Sports de la Dépêche du Midi entre mes deux années à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. Cela m’a mis le pied à l’étrier, pour travailler ensuite à l’Agence Centrale de Presse, puis depuis 1990 à L’Equipe. Je me suis mis à pratiquer l’aviron à la cinquantaine, à l’AC Boulogne Billancourt, et j’ai pu m’apercevoir que j’étais toujours aussi peu doué quand il s’agit de pratiquer une activité sportive.

Quel est aujourd’hui votre rôle ?

Je suis journaliste à L’Equipe en charge de plusieurs sports : l’aviron (mon préféré), le biathlon et l’athlétisme. Je suis également en charge du suivi des institutions (CIO, CNOSF, ministère). Parallèlement, je me suis investi au sein de l’Union des Journalistes de Sport en France (UJS), et de l’Association Internationale de la Presse Sportive (AIPS), où je suis président de la commission athlétisme et membre du comité exécutif de l’AIPS Europe. Je suis également président de la nouvelle commission presse de l’IAAF, à laquelle j’appartiens depuis une douzaine d’années, avec comme priorité de favoriser au maximum les conditions de travail de nos confrères sur les compétitions.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive ?

La France n’est pas un pays de culture sportive comme peuvent l’être les nations anglo-saxonnes. Les Jeux de la Francophonie ne seront jamais les Jeux du Commonwealth. Je constate et je regrette le recul de l’usage du français dans les organisations sportives internationales alors que pour beaucoup d’entre elles, le français est langue officielle. La Fédération internationale d’athlétisme compte aujourd’hui trois porte-paroles autorisés, mais aucun ne parle français ! Dans les conférences de presse du CIO ou des fédérations internationales, je pose systématiquement mes questions en français, quitte à les traduire ensuite en anglais pour mes confrères s’il n’y a pas de traduction simultanée.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio 2016 ?

Tous les quatre ans, c’est la même chose : jusqu’à la veille des Jeux, on a de grosses craintes et finalement tout se passe bien. On craignait la pollution et les embouteillages tant aux Jeux de Pékin que d’Athènes, et on n’a jamais si bien respiré et circulé dans ces deux villes. Pour Rio, la situation est comparable, à la différence près que cette fois, je me demande vraiment si tout va bien se passer. Que ce soit au niveau de la sécurité ou de l’organisation, chacun s’attend à d’énormes problèmes. Pour autant que je sache, la Coupe du Monde de foot s’est bien passée. Mais les Jeux olympiques, c’est autre chose.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles selon vous favoriser le « vivre ensemble »?

Evidemment, c’est une des bases mêmes du sport. Pas besoin de grand discours à ce sujet.

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