INTERVIEW - 02/02/2016

Sarah HANFFOU

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Treizième épisode: la Franco-Camerounaise Sarah Hanffou, présidente de l’association « Ping sans Frontières »

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif international?

Sarah Hanffou: Je suis entrée dans le monde du sport via une carrière de pongiste. J’ai joué en équipe de France de tennis de table jusqu’en 2007, puis sous les couleurs du Cameroun à partir de 2010. Ma mère est française, mon père camerounais, je possède donc la double nationalité. En 2005, aux Jeux de la Francophonie à Niamey, j’ai eu l’occasion de participer à une opération organisée par l’association du perchiste Jean Galfione, « Athlètes du Monde », un échange entre sportifs français et nigériens. L’année suivante, j’ai eu envie de prolonger l’expérience dans mon propre sport. J’ai créé « Ping sans Frontières ».

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Je préside toujours « Ping sans Frontières ». Nous allons fêter en octobre prochain les 10 ans de l’association. Nous organisons des missions de développement du tennis de table dans les pays les plus défavorisés. Depuis la création, nous en avons mené plus d’une quinzaine, au Cameroun, Togo, Bangladesh, à Cuba, en République Démocratique du Congo… Nous travaillons également à concevoir un modèle de table artisanale, qui puisse être fabriqué localement avec les produits disponibles. Par ailleurs, je suis experte en développement pour la Fédération internationale de tennis de table (ITTF), avec laquelle mon association a établi l’an passé un partenariat. A ce titre, je viens de passer un mois en Haïti pour faire découvrir la pratique aux plus jeunes, entraîner les espoirs et former des entraîneurs.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

Elle représente avant tout un événement, les Jeux de la Francophonie. J’ai eu l’occasion d’y participer deux fois, pour deux pays différents: la France à Niamey en 2005, le Cameroun à Beyrouth en 2009. Dans l’intervalle de quatre ans entre deux éditions des Jeux, je ne sais pas trop. Nous partageons une langue et une culture, le sport peut servir de lien, mais rassembler des gens venus d’horizons aussi éloignés doit être une tâche complexe.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

J’ai participé comme joueuse à ceux de Londres en 2012. Je ne pense pas me qualifier pour Rio 2016. J’en attends surtout de voir ce que cet événement aux dimensions tellement colossales, parfois même démesurées, peut apporter aux populations de la ville-hôte et du pays. Que deviendront les installations après les Jeux? Serviront-elles aux habitants? Les Jeux permettront-ils, une fois le rideau tombé, de créer du lien social? Dans ces grands événements, la question n’est pas toujours prise en compte.

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