INTERVIEW - 04/01/2016

Manu DIBANGO

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Neuvième épisode: le Camerounais Manu Dibango, Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques de Rio en 2016.

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif international?

Manu Dibango: Beaucoup de gens l’ignorent, mais le sport m’a fait connaître. Il est même, d’une certaine façon, à l’origine de ma carrière de musicien. En 1964, j’étais encore un inconnu, mais j’ai été amené à écrire et composer l’hymne de la Coupe des Tropiques de football organisée à Yaoundé. Huit ans plus tard, j’ai renouvelé l’expérience pour la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun. Sur la face A du disque figurait l’hymne officiel de la compétition. La face B était consacrée à une chanson qui a été un succès dans le monde entier.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

J’ai été choisi par Michaëlle Jean, la Secrétaire générale de l’OIF, pour être le Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux de Rio. Mon rôle consistera à veiller à la diversité de la langue française. J’arriverai au Brésil un peu avant le début des Jeux olympiques, pour régler les boulons. Mais je ne serai pas le gendarme de la francophonie. Je veux m’assurer que les athlètes ne soient pas perturbés par des problèmes linguistiques et qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

Elle représente, avant toute chose, la diversité. Notre devise est l’unité dans le respect des diversités. Le sport en général, et les Jeux en particulier, constituent une formidable vitrine pour cette diversité. A Rio de Janeiro, l’été prochain, nous allons pouvoir mêler la diversité des pays francophones à celle du Brésil. Deux visions que l’événement olympique va permettre de confronter.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

Je suis un musicien, un francophone et un homme de culture. A Rio, nous voulons montrer d’autres aspects de la francophonie, encore peu connus, comme le chant lyrique par exemple. Pendant les Jeux, je vais chanter avec un orchestre symphonique. Nous avons également prévu, avec l’OIF, de proposer des démonstrations de lutte sénégalaise. Nous travaillons actuellement sur une chanson qui serait interprétée par des artistes des différents pays présents aux Jeux de Rio. Elle sera composée par un artiste francophone célèbre. Et Gilberto Gil se chargera de la traduire en brésilien. Nous projetons également de planter un arbre de la francophonie dans un parc de Rio de Janeiro.

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