INTERVIEW - 28/12/2015

Patricia LAMBERT

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Huitième épisode: la Belge Patricia Lambert, membre du Conseil de la Fédération internationale d’aviron (FISA).

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif international?

Patricia Lambert: J’ai commencé très jeune à m’impliquer, à l’époque où j’étais encore rameuse, en assurant les commentaires de certaines compétitions d’aviron. J’ai ensuite prolongé l’expérience en commentant des épreuves internationales organisées en Belgique, notamment des événements FISA. Par la suite, j’ai voulu redonner à l’aviron un peu de ce que ce sport m’avait apporté. Dans cette optique, j’ai demandé à ma fédération nationale de me présenter à la commission marketing, média et promotion de la FISA. J’y ai été élue. En 2010, aux championnats du monde à Karapiro, j’ai brigué avec succès la présidence de cette même commission, désormais intitulée « Promotion des événements ». J’en assure aujourd’hui mon deuxième mandat.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

En qualité de présidente de la commission « Promotion des événements » de la FISA, je dois servir en quelque sorte de ciment entre les différentes personnes impliquées dans l’organisation des divers championnats du monde d’aviron. Je cherche surtout à identifier les meilleures idées des uns et des autres, pour les suggérer aux organisateurs des Mondiaux disposant de moyens plus réduits, ceux des juniors ou des rameurs de moins de 23 ans par exemple. Le rôle de ma commission est de tirer tout le monde vers le haut, en évitant notamment que les organisateurs répètent les erreurs commises par le passé. Par ailleurs, je suis également membre du Conseil de la FISA, où j’essaye d’avoir une vision la plus large possible de notre discipline pour contribuer à son évolution.

Que représente pour vous la francophonie sportive?

Il est très important, je dirais même indispensable, de pouvoir utiliser au moins deux langues dans le mouvement sportif. La diversité linguistique permet d’élargir la culture du sport, d’en conserver une vision plus étendue et plus universelle. Aujourd’hui, nous sommes très centrés sur l’anglais, avec ses bons et ses mauvais côtés. Sur le plan opérationnel, cette domination est inévitable, mais elle risque à terme de réduire notre culture. Maintenir une forte présence du français constitue un coût, certes, mais cette deuxième langue est nécessaire. Dans l’aviron, le français peut contribuer à un développement toujours plus universel.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

Ils vont constituer une étape très importante pour l’avenir de l’aviron. Nous aurons la chance de bénéficier, à Rio, d’une site de compétitions superbe et idéalement situé, au cœur de la ville. Nous devrons en profiter à fond pour montrer que l’aviron peut être spectaculaire, avec des athlètes porteurs des valeurs que nous défendons. Aux Jeux de Rio, l’aviron doit montrer tous ses atouts pour rentrer dans les critères de l’Agenda 2020 du CIO.

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