INTERVIEW - 05/12/2015

Etienne DEGBOE

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Cinquième épisode: le Togolais Etienne Degboe, secrétaire général du Comité national olympique du Togo

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif?

Etienne Degboe: Je suis issu du monde des arts martiaux et du judo. J’ai débuté mon parcours de dirigeant comme secrétaire général de la Fédération togolaise des arts martiaux, avant de rejoindre celle de judo, où j’ai assuré la présidence. En 2009, je suis entré au Comité national olympique, où j’ai été réélu pour un deuxième mandat de secrétaire général en 2013.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Un rôle assez classique de secrétaire général d’un CNO. Je distribue les missions et les tâches, je les présente à notre président. Je gère également avec le directeur administratif nos projets et nos activités: la formation des entraîneurs, le choix des jeunes athlètes à envoyer dans les centres de haut niveau, les relations avec les médias sportifs… Le Comité olympique togolais manque de moyens, nous bénéficions seulement d’une petite aide du gouvernement, environ 20 millions de francs CFA (30 000 euros). Le reste provient de la Solidarité olympique. Nous n’avons pas de partenaire privé attitré. La brasserie nationale nous aide pour la Journée olympique. Nous avons également été soutenus pour une opération nationale du CNO, le don d’un téléphone portable aux élèves de Terminale de cinq lycées dans le pays, afin de les aider à être à l’heure et à se connecter.

Que représente pour vous la francophonie sportive?

Elle se met en place, mais il est encore difficile dans un pays comme le Togo d’en voir les effets. Les fédérations nationales ne sont pas très sensibilisées. Il nous revient, au Comité national olympique, de prendre le dossier à bras le corps et de faire redescendre vers les fédérations sportives les mesures et les projets concrets.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

Nous avons été alléchés par la médaille de bronze de Benjamin Boukpeti aux Jeux de Pékin en 2008, en kayak monoplace, la première médaille olympique de l’histoire du Togo. Une très agréable surprise. Mais pour les JO de Rio, nous n’avons à ce jour encore aucun athlète qualifié. Nous avons laissé de côté les sports collectifs, trop difficiles à gérer, pour nous concentrer sur quelques disciplines individuelles. Nous espérons obtenir des quotas issus de la règle de l’universalité, en athlétisme, judo, canoë-kayak et natation. Surtout, nous attendons des Jeux de Rio une candidature de Benjamin Boukpeti à la commission des athlètes du CIO. Avec l’espoir que sa candidature soit soutenue par l’ACNOA.

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