Institutions - 25/01/2019

Linda Helleland, une militante en campagne

La fonction n’est pas de tout repos. Ces derniers temps, elle tend à devenir l’une des plus exposées du mouvement sportif international. Mais elle fait des envieux.

A neuf mois de l’élection, les candidats se bousculent pour succéder au Britannique Craig Reedie à la présidence de l’Agence mondiale antidopage (AMA). L’ancien joueur de badminton écossais, par ailleurs membre du CIO, a annoncé de longue date qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, en novembre prochain. La place sera donc libre.

Linda Helleland, l’ex ministre norvégienne de l’Enfance et de l’Egalité (elle a été remplacée cette semaine à ce poste), fait la course en tête. Au moins dans les actes. Elle s’était déclarée la première. Elle a encore été la première à lancer officiellement sa campagne.

La Norvégienne a parfaitement choisi son moment. Elle a présenté son manifeste de candidate jeudi 24 janvier, deux jours après la décision très controversée du comité exécutif de l’AMA de ne pas imposer de nouvelles sanctions à la Russie. Elle peut ainsi surfer sans peine sur l’actualité du moment. Et rappeler qu’elle avait été l’une deux seules à s’opposer ouvertement à la levée de la suspension de l’Agence russe antidopage (RUSADA), décidée par le même conseil exécutif au mois de septembre dernier.

Dans son manifeste, Linda Helleland enfonce le clou. Logique. Elle explique qu’elle a demandé une enquête indépendante sur la façon dont l’AMA a géré la crise russe depuis la révélation en 2015, après les Jeux d’hiver de Sotchi, d’un dopage d’Etat institutionnalisé. « Depuis la création de l’AMA il y a vingt ans, la lutte antidopage a fait de grands progrès, mais la crise du dopage russe constitue le plus grand scandale sportif de ce siècle, insiste-t-elle dans un communiqué. Sa résolution va définir notre mouvement pour un sport propre pour les décennies à venir. C’est pourquoi je suis déterminée à mettre en application ma vision, afin d’apporter une nouvelle inspiration aux athlètes et aux amateurs de sport, mais aussi à rétablir leur confiance dans un sport propre et équitable. »

Son programme de campagne repose sur quatre points. Elle veut replacer les athlètes au cœur du dispositif. Très tendance. Elle propose de réformer la gouvernance de l’AMA, pour la rendre plus « moderne et ouverte ». Elle envisage de revoir le Code mondial antidopage. Enfin, elle souhaite renforcer le rôle des agences nationales antidopage.

« Je suis convaincue que mon plan en quatre points pour devenir la prochaine présidente de l’Agence permettra d’en faire ce que le monde veut voir : une AMA forte et indépendante« , insiste la Norvégienne.

Pour l’emporter, Linda Helleland devra d’abord franchir une première étape : être choisie comme la candidate du continent européen par le Conseil de l’Europe. Pour cela, elle devra devancer deux autres postulants, eux aussi ouvertement déclarés : le ministre des Sports de Pologne, Witold Banka, et le ministre flamand des Sports, le Belge Philippe Muyters. La décision est attendue pour les jours à venir.

Le candidat européen devra ensuite batailler avec le reste du monde. Le Dominicain Marcos Diaz est lui aussi entré en campagne, au nom du continent américain. Comme Linda Helleland, il est déjà membre du comité exécutif de l’AMA. Un autre postulant pourrait venir d’Asie, mais son identité n’est pas encore connue.

Pour rappel, une règle non écrite, mais admise par tous, prévoit une présidence tournante de l’AMA entre le mouvement sportif et les gouvernements. Après l’épisode Craig Reedie, le prochain président doit donc être proposé par les autorités gouvernementales.

L’élection à la présidence de l’AMA se déroulera au mois de novembre prochain, dans le cadre de la Conférence mondiale sur le dopage de Katowice, en Pologne.

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