Institutions - 15/01/2019

Tsunekazu Takeda, sept minutes pour ne rien dire

Il a parlé. En japonais, peu de temps, sans répondre aux questions. Mais Tsunekazu Takeda, le président du comité olympique japonais, installé bien malgré lui au centre de l’actualité olympique depuis la fin de la semaine passée, a parlé. Mais il n’a pas dit grand-chose.

L’ancien cavalier olympique avait annoncé une conférence de presse, ce mardi 15 janvier à Tokyo. Il a tenu parole. Très élégant dans son costume noir, Tsunekazu Takeda a fait face à une assistance des grands jours, dans une salle du comité olympique japonais menacée de craquer de toutes ses coutures.

Chrono en main, son intervention n’a pas duré plus de 7 minutes. Tsunekazu Takeda a lu sa déclaration, rédigée à la façon d’un plaidoyer de la défense. Puis il a quitté les lieux sans répondre aux questions des médias.

Avec une telle mise en scène, le contenu manque forcément de chair. Tsunekazu Takeda a nié en bloc les accusations de « corruption active », portées à son encontre par la justice française dans le cadre de son enquête sur des soupçons d’achat de voix lors de la campagne de candidature de Tokyo pour les Jeux de 2020.

Il n’a pas démenti l’existence de deux virements d’une valeur totale de 1,8 million d’euros à la société Black Tidings, basée à Singapour. Mais le président du comité olympique japonais a rappelé une nouvelle fois que ces paiements n’avaient rien d’illégaux.

« Je coopérerai pleinement avec les autorités françaises pour enquêter sur cette affaire et je ferai tout mon possible pour prouver mon innocence », a insisté Tsunekazu Takeda ce mardi matin en conférence de presse.

Puis il s’est attaché à répéter sa ligne de défense, la même qu’il avait utilisée trois ans plus tôt lors d’une audition devant une commission d’enquête du Budget. Les paiements à Black Tidings étaient légaux, a assuré Tsunekazu Takea. Ils concernaient une rémunération due pour un travail de « conseil » assuré par la société singapourienne.

La crédibilité de Black Tidings avait été garantie à l’époque par l’agence japonaise Dentsu, un géant mondial de la communication et des relations publiques, engagée aux côtés de Tokyo 2020 depuis la phase de candidature.

Qu’adviendra-t-il de Tsunekazu Takeda ? A ce stade de l’enquête, rien n’est acquis. Le dirigeant japonais, président de la commission marketing du CIO, a été entendu dès vendredi 11 janvier par la commission d’éthique de l’institution olympique. Rien n’a filtré de l’entretien, réalisé par téléconférence. Très discret sur le sujet, le CIO s’est contenté de répéter qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence. Il n’est donc pas suspendu.

La presse japonaise suggère pourtant qu’il pourrait annoncer très rapidement sa décision de se mettre en retrait, au moins le temps de l’enquête. En attendant, Tsunekazu Takeda s’est confondu en excuses, ce mardi matin en conférence de presse. Il a tenu a s’excuser pour la « gêne occasionnée« , auprès du peuple japonais, des dirigeants sportifs et des nombreuses personnes qui travaillent actuellement à la préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.

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