Institutions - 14/01/2019

Tsunekazu Takeda, le dernier pavé dans la mare olympique

Sale affaire. Pour les Jeux de Tokyo 2020, pour le Japon, et par extension pour l’ensemble du mouvement olympique. Selon Le Monde, le président du comité olympique japonais, le très respecté Tsunekazu Takeda, est soupçonné par la justice française d’avoir autorisé le paiement de pots-de-vin dans le cadre de la campagne de candidature de la capitale japonaise aux Jeux d’été en 2020.

Les faits, d’abord. Dans son édition du 11 janvier, Le Monde révèle que Tsunekazu Takeda, 71 ans, ancien cavalier et membre du CIO, a été mis en examen par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, pour « corruption active ». En 2013, en pleine campagne pour les Jeux de 2020, il aurait autorisé deux virements du comité olympique japonais, d’un montant cumulé de 1,8 million d’euros, à la société Black Tidings.

Installée à Singapour, Black Tidings appartient à Ian Tan Tong Han, un sulfureux personnage dont le nom a déjà été mentionné dans l’affaire de corruption à l’IAAF. Il est très lié à Papa Massata Diack, le fils de Lamine Diack, ancien président de l’IAAF.

La justice française tente de comprendre la raison de ces virements à Black Tidings. Elle enquête également sur le lien entre les deux virements effectués par le comité olympique japonais, à quelque mois du vote pour la ville-hôte des Jeux de 2020, et les soupçons de corruption autour de Lamine Diack. Le dirigeant sénégalais a déclaré au juge français avoir organisé, la veille du vote à Buenos Aires, « un tour de table » avec une douzaine de membres africains du CIO.

Les réactions, maintenant. Tsunekazu Takeda n’a pas tardé à réagir. Le Japonais l’a fait dès vendredi 11 janvier, sous la forme d’un communiqué envoyé aux médias. Il reconnait avoir été entendu par un juge d’instruction à Paris, au sujet de la candidature de Tokyo 2020. Mais il nie toute tentative de corruption. Selon lui, les versements effectués sur le compte de la société Black Tidings correspondent à un travail de « consultation ». Ils n’ont rien d’illégal.

Tsunekazu Takeda explique également avoir pris connaissance, « pour la première fois dans les médias » d’une relation entre Papa Massata Diack et Ian Tan Tong Han. En clair, le comité olympique japonais aurait payé près de 2 millions d’euros la société Black Tidings en échange de « précieuses informations » sur les préférences de certains membres du CIO, en ignorant totalement que la dite société était très liée à Papa Massata Diack, et donc par ricochet à son illustre paternel. Difficile à croire.

Au Japon, l’affaire Takeda fait grand bruit. La presse nationale lui a consacré ses gros titres pendant le dernier week-end, jusqu’à reléguer parfois le dossier Carlos Ghosn un cran en-dessous.

Tsunekazu Takeda doit tenir une conférence de presse mardi 15 janvier à Tokyo. Elle s’annonce très suivie.

Aucune réaction, en revanche, du côté du CIO. L’organisation olympique est restée silencieuse sur le cas Takeda. Elle réunit cette semaine à Lausanne l’ensemble de ses multiples commissions. Le dirigeant japonais, président de la commission du marketing, n’en sera sûrement pas.

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