Candidatures - 18/12/2018

Pour les Jeux en 2032, la Corée fait déjà ses comptes

Les Coréens avancent. Ils avancent même à un train d’enfer. Engagés depuis plusieurs mois dans une série d’échanges sur le projet d’une candidature commune aux Jeux d’été en 2032, Séoul et Pyongyang mettent les bouchées doubles.

En fin de semaine passée, une réunion s’est tenue entre les autorités sportives sud et nord-coréennes au bureau de liaison de Kaesong, situé à la frontière entre les deux pays. Il a été décidé que les deux parties enverraient dans « un avenir proche » une lettre officielle commune au CIO exprimant leur intérêt pour les Jeux en 2032.

Surtout, les envoyés de Séoul et Pyongyang ont annoncé leur intention de se rendre à Lausanne, le 15 février 2019, pour y rencontrer très officiellement Thomas Bach et sa garde rapprochée, au siège du CIO. Le ministre sud-coréen du Sport, Do Jong-hwan, et son homologue nord-coréen, Kim Il-guk, dirigeront les deux délégations.

Mardi 18 décembre, une nouvelle étape a été franchie, au moins côté sud-coréen. Séoul a dévoilé ses chiffres. La Corée du Sud a révélé un premier budget des Jeux, à presque 14 ans de l’échéance. Nouveau record olympique.

A en croire une étude présumée très précise et sérieuse, menée par plusieurs instituts privés, Séoul aurait besoin de 3 900 milliards de wons, soit 3,44 milliards de dollars ou 3,04 milliards d’euros, pour organiser conjointement les Jeux olympiques d’été de 2032 avec la Corée du Nord. La mairie de la capitale sud-coréenne a rendu le chiffre public.

Précision : le montant estimé concerne seulement les dépenses sud-coréennes. Le budget n’inclut pas la partie nord-coréenne. Logique. Connaissant le goût très modéré du régime de Pyongyang pour la transparence, il n’est pas certain que les chiffres soient un jour publiés.

A en croire l’agence Yonhap, la municipalité de Séoul, dirigée par Park Won-soon, planche déjà sur les cérémonies. Un autre record olympique. Alors que Paris 2024 en est encore à se préparer à débattre de l’opportunité d’une cérémonie sortie du stade, les Sud-Coréens dessinent les plans d’une double soirée, ouverture et clôture, organisée simultanément à Séoul et Pyongyang. Elles utiliseraient les technologies qui, soyons-en sûrs, rendront l’impossible parfaitement réaliste à l’horizon 2032.

Dernier record olympique en passe d’être établi, sans doute pour l’éternité, dès cette semaine en Corée du Sud : le projet de budget des Jeux de 2032 a déjà été soumis au conseil municipal de Séoul. Et il sera voté ce jeudi 20 décembre. La ville aurait même déjà présenté une demande officielle auprès du comité olympique coréen (KOC).

Toujours selon Yonhap, cette première estimation budgétaire concerne seulement l’organisation des Jeux et la rénovation de certains sites de compétition. Elle ne comprend pas les infrastructures non sportives, comme les routes ou les liaisons ferroviaires. Patience, patience.

Les deux Corée n’en sont pas encore à se répartir les sports. Mais elles semblent déterminées à prendre au moins une longueur d’avance dans une campagne olympique où se pressent déjà les candidats.

L’Indonésie a profité des derniers Jeux Asiatiques pour se déclarer. L’Inde veut en être et le répète à l’envi. L’Australie joue la carte Brisbane. L’Argentine rêve de passer sans trop tarder des Jeux de la Jeunesse aux Jeux tout court. La Russie se place. L’Allemagne planche dans son coin sur un projet très régional.

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