Institutions - 22/11/2018

A l’AIBA, Rakhimov se pose en faiseur de miracles

Son avenir olympique reste suspendu à la décision prochaine du CIO, mais Gafur Rakhimov n’en démord pas : tout va bien dans le monde de la boxe. Et même un peu mieux que bien. Le président de l’AIBA l’a écrit noir sur blanc dans un communiqué envoyé mercredi 21 novembre. Il affirme que son organisation, dont il assure la présidence depuis l’élection le 4 novembre à Moscou, est allée « au-delà des exigences » formulées par le CIO.

La commission exécutive du CIO doit se pencher sur le cas de l’AIBA à l’occasion de sa prochaine réunion. Elle est prévue du 30 novembre au 1er décembre 2018 à Tokyo, au terme de l’assemblée générale de l’ACNO. A ce jour, tout reste possible. Y compris une exclusion de l’AIBA du mouvement olympique.

Mais son président, le sulfureux ouzbek Gafur Rakhimov, continue à tenir un discours teinté d’optimisme, voire d’autosatisfaction. « Nous pouvons être fiers du travail effectué depuis un an et qui a revitalisé l’AIBA et la boxe », écrit-il dans la dernière version de la « Newsletter du président », envoyée cette semaine.

Sur le sujet de la gouvernance, sans doute le plus décisif aux yeux du CIO, le président de l’AIBA évoque un classement des fédérations internationales (?). Son organisation y aurait touché le fond dans un passé récent, révèle-t-il. Mais, miracle, elle serait remontée vers une position plus flatteuse. « Nous sommes maintenant exactement au milieu », plaide-t-il. Puis l’Ouzbek poursuit : « Nous avons accompli notre mission et sommes allés au-delà des exigences de changement en matière de gouvernance. » Pas sûr que les membres de la commission exécutive du CIO partagent tous sa vision des choses.

Question finances, le ciel se serait également nettement éclairci. Gafur Rakhimov écrit que l’AIBA se trouvait « au bord de la faillite à la fin 2017″, au moment où l’ex président, le Taïwanais CK WU, a été poussé vers la sortie. La « situation financière est maintenant sous contrôle », assure l’homme d’affaires ouzbek.

Selon sa newsletter, la trésorerie de l’AIBA serait sortie de la zone rouge. « Elle restera stable après les Jeux de Tokyo 2020″, écrit-il. La balance financière, de son côté, « redeviendra positive selon un rythme régulier et avec de la discipline. » Une prévision qui pourrait être difficile à tenir dans l’éventualité où le CIO renforce ses sanctions et continue à suspendre ses subventions à la boxe olympique.

Fâcheux timing : les propos rassurants de Gafur Rakhimov interviennent le jour même où le site Insidethegames révèle que la banque suisse BCV a décidé de fermer le compte de l’AIBA en mars dernier, pour ne pas être associée à la réputation « risquée » de l’Ouzbek, alors président par intérim de l’organisation internationale.

Dernier sujet de satisfaction : l’arbitrage. « Les mauvais jours du passé sont désormais derrière nous, nous travaillons maintenant avec un système efficace et transparent », suggère Gafur Rakhimov. Le président de l’AIBA fait référence à un nouveau système d’arbitrage, testé le mois dernier aux Jeux de la Jeunesse à Buenos Aires, puis mis en place aux Mondiaux féminins à New Dehli.

A ces mêmes championnats du monde 2018, une boxeuse bulgare a accusé l’un des juges de corruption, après avoir été battue au 1er tour de la compétition en moins de 57 kg. L’AIBA n’a pas apprécié. Elle a retiré sur le champ l’accréditation de son entraîneur.

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