Institutions - 18/09/2018

Sur la question russe, l’AMA pressée de revenir en arrière

La question russe n’en finit plus d’empoisonner l’existence de l’Agence mondiale antidopage. Depuis l’annonce de sa volonté de lever les sanctions contre la Russie, les critiques lui tombent dessus comme une tempête de grêle. Un véritable déluge.

Lundi 17 septembre, l’institut des agences nationales antidopage, plus connu sous le nom d’iNADO, a apporté sa voix au débat. Dans un long communiqué, elle appelle l’AMA « à revenir en arrière » au plus vite. En clair, elle l’exhorte à maintenir la suspension de l’agence russe antidopage (Rusada), lors de la prochaine réunion de son comité exécutif, prévue jeudi 20 septembre aux Seychelles.

« En se fiant aux échanges de lettres entre la Russie et l’AMA, toute personne raisonnable peut conclure que la Russie n’a pas encore rempli ses obligations vis-à-vis de la communauté sportive mondiale, écrit l’iNADO. L’AMA doit prendre ses décisions sur la base d’une application cohérente des principes, et non pas simplement par opportunité, en se pliant à la volonté d’une nation puissante. »

La position de l’iNADO n’a rien de très surprenant. L’organisation internationale, au sein de laquelle se rangent 67 agences nationales antidopage, a toujours tenu une ligne dure face à la Russie. Elle pousse à la fermeté.

Elle n’est pas la seule. En fin de semaine passée, la Canadienne Becky Scott a démissionné du comité indépendant de révision de conformité de l’AMA, en réaction à la recommandation d’une levée des sanctions contre la Russie. En Grande-Bretagne, l’ancienne athlète paralympique Vicky Aggar a confié à la BBC que la volonté de l’AMA constituait une changement des règles du jeu et « un compromis inacceptable. » 

Dans son communiqué, l’iNADO ne fait pas dans la nuance. « Le code mondial antidopage ne donne aucune possibilité pour ceux qui y sont liés, et en premier lieu les sportifs, de négocier des modifications en fonction de ce qui les arrange, écrit l’organisation. Le code doit être respecté, tout comme la feuille de route. Il est temps pour l’AMA de revenir en arrière pour que ses membres puissent réfléchir attentivement à ces questions. »

La balle est désormais dans le camp de Craig Reedie, le président de l’AMA, et des membres du comité exécutif. Ils doivent se retrouver aux Seychelles, jeudi 20 septembre, pour une réunion à l’issue incertaine. En restant droite dans ses bottes, et en levant la suspension de la Rusada, l’AMA se mettrait une fois de plus une partie du mouvement olympique à dos. En cédant à la pression, elle donnerait l’image d’une organisation aux allures de girouette.

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