Institutions - 16/08/2018

A Orlando, la Coupe Davis entre argent et tradition

Jour J pour la Coupe Davis. L’avenir de l’historique épreuve du tennis mondial, disputée pour la première fois à Boston en 1900, se joue ce jeudi 16 août à Orlando. Réunie en assemble générale, la Fédération internationale de tennis (ITF) doit se prononcer par vote sur le projet de réforme porté par son président, l’Américain David Haggerty.

La réforme en question se veut radicale. Aux orties, la formule traditionnelle étirée sur quatre week-ends prolongés, entre janvier et novembre, avec des rencontres disputées à domicile ou sur terrain adverse. La Coupe Davis version David Haggerty lui substituerait une phase finale d’une semaine réunissant 18 équipes, en clôture de la saison, sur terrain neutre. Les rencontres se joueraient sur deux simples et un double, avec des matchs en deux sets gagnants.

L’avantage ? Encore flou. Le président de l’ITF assure que son projet permettrait de convaincre les meilleurs joueurs du monde de disputer la compétition. Pas certain. Il permettrait surtout d’enrichir la Fédération internationale. Un contrat avec le groupe d’investissement Kosmos, présidé par le footballeur espagnol Gerard Piqué, lui assurerait un pactole de 3 milliards de dollars sur une période de 25 ans. Il garantirait une enveloppe de 25 millions de dollars à chaque édition pour les joueurs engagés, et une aide de 21,5 millions de dollars pour les fédérations nationale au titre du développement.

Pour être adoptée, ce jeudi 16 août à Orlando, la réforme doit obtenir une majorité des deux tiers des suffrages exprimés, soit 308 voix sur 461. Mais le mode de scrutin s’avère d’une grande complexité. Cinq fédérations dites majeures, l’Australie, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Allemagne, disposent de 12 voix. Un deuxième groupe de 14 nations, dont l’Espagne, le Japon, la Suisse, le Brésil et la Chine, en totalise 9. Un troisième groupe (Serbie, Corée du Sud, Croatie…) en compte 7. Et ainsi de suite jusqu’au dernier groupe, les « petits pays » du tennis mondial, au nombre de 81. A eux tous, ils comptent pour une seule voix.

Avec un tel partage des suffrages, il s’avère difficile de tenter un pronostic. A Orlando, David Haggerty se dit « confiant » sur l’issue du scrutin. Mais sa confiance est peut-être seulement une façade. Son projet divise depuis plusieurs mois. La décision pourrait rester indécise jusqu’au dernier moment.

Dans le camp des opposants à la réforme, quelques poids lourds du tennis mondial : Australie, Grand-Bretagne, Allemagne, Russie. La Pologne, l’Inde, la Roumanie se rangent également parmi les opposants.

A l’inverse, la France votera pour la nouvelle formule. Ses joueurs sont pourtant vent debout contre la réforme. Yannick Noah, l’ancien capitaine de l’équipe de France, s’y oppose également, tout comme Amélie Mauresmo, appelée à lui succéder sur la chaise. Mais Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis (FFT), par ailleurs vice-président de l’ITF, en est l’un des instigateurs.

Dans l’autre camp, les Etats-Unis, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, l’Argentine, le Brésil et les Pays-Bas devraient apporter leurs voix au projet. La Chine et le Japon pourraient aussi se rallier aux partisans du oui. David Haggerty peut également compter sur le soutien de trois des quatre tournois du Grand chelem : US Open, Wimbledon et Roland-Garros. Suffisant ? Réponse dans la journée.

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