Candidatures - 21/03/2018

En Italie, deux villes et une région se disputent les JO

L’épisode traumatisant de la candidature avortée de Rome aux Jeux d’été en 2024 n’a pas éteint la passion de l’Italie pour l’événement olympique. Le CIO ne s’en plaindra pas. Deux villes italiennes, plus une région, se sentent des fourmis dans les jambes alors que la date fixée par le CIO pour se lancer dans la course aux Jeux d’hiver en 2026 approche à grands pas. Trois dossiers, pas un de moins. Improbable scénario.

Les villes, d’abord. Deux mastodontes, toutes les deux situées dans le nord du pays: Milan et Turin. La première, capitale de la Lombardie, n’a jamais organisé les Jeux, malgré plusieurs candidatures. La seconde a reçu l’édition 2006 des Jeux d’hiver, l’avant-dernière sur le sol européen. Mais elle semble vouloir y revenir.

A Milan, le projet est porté par le maire, Giuseppe Sala. Il a rencontré lundi 19 mars le président du comité olympique italien (CONI), Giovanni Malago. Une entretien au terme duquel le premier élu milanais a expliqué: « Je crois que Milan a tout ce qu’il faut, mais nous n’avancerons pas plus sans un accord du gouvernement. »

Seul ennui, mais de taille: l’Italie évolue aujourd’hui sans gouvernement constitué, les dernières élections n’ayant pas permis de dégager une majorité politique.

Autre souci pour Milan: la ville doit accueillir la session du CIO, en septembre 2019, au cours de laquelle les membres du CIO désigneront la ville-hôte des Jeux d’hiver en 2026. Il apparaît incompatible de recevoir la session et d’être candidat aux Jeux.

A Turin, la situation reste confuse. Chiara Appendino, la maire la ville, avait précédé son collège milanais en exprimant son intérêt pour les Jeux dès dimanche 18 mars. Elle en a fait part au CONI via un courrier officiel. Mais plusieurs élus municipaux de son propre parti, le Mouvement 5 étoiles (M5A), ne font pas mystère de leur opposition au projet, allant jusqu’à boycotter la semaine passée une réunion du conseil municipal où devait être discutée une éventuelle candidature.

La région, enfin. La Vénétie a pris elle aussi position, par la voix de son président, Luca Zaia. Le projet pourrait impliquer Venise, Vérone et surtout la station de Cortina d’Ampezzo, hôte des Jeux d’hiver en 1956. Luca Zaia a indiqué que l’intérêt de sa région serait formalisé la semaine prochaine.

Trop tard ? Pas sûr. Certes, le CIO a fixé au 31 mars la date limite pour lui adresser par la voie officielle une déclaration d’intention. Mais la campagne de candidature proprement dite débutera plus tard. Et il n’est pas dans l’intérêt de l’organisation olympique de décourager les postulants.

Giovanni Malago, le président du CONI, a fait le voyage vers Lausanne, mardi 20 mars. Il a rencontré Thomas Bach. Les deux hommes ont évoqué le sujet. « Le CIO apprécie l’intérêt grandissant en Italie pour le sport et les Jeux olympiques », a sobrement commenté le dirigeant italien, sans masquer son appréhension de voir le projet d’une candidature freiné par l’absence d’un interlocuteur au somment de l’Etat.

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