Candidatures - 19/03/2018

Pour le Mondial 2026, le Maroc investira par milliards

Le contraste est inattendu. Au moment où plusieurs villes nord-américaines, dont Chicago et Vancouver, ont retiré leurs billes de la course au Mondial de football en 2026, invoquant une crainte des surcoûts, le Maroc se dit prêt à casser sa tirelire pour accueillir le tournoi planétaire.

La candidature marocaine a présenté son dossier, sa vision et surtout ses chiffres, samedi 17 mars, à l’occasion d’une conférence de presse à Casablanca. Ils en disent long sur la volonté du pays de rafler la mise, pour sa cinquième tentative d’organiser le Mondial.

Annoncé comme l’outsider de la course, face au dossier porté par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, le Maroc entend transformer sa faiblesse présumée, un manque évident d’infrastructures sportives aux standards de l’événement, en un atout majeur. Son équipe de candidature a annoncé samedi un investissement de 15,8 milliards de dollars en cas de victoire face au concurrent nord-américain. Un budget très élevé pour le pays africain, équivalent à un peu moins de 15% de son PIB.

Mais, a précisé le président du comité de candidature, Moulay Hafid Elalamy, ces dépenses se feront avec ou sans Mondial. « Nous n’avons pas transformé la stratégie du pays pour coller à la Coupe du Monde, nous avons fait le contraire », a-t-il suggéré, reprenant à son compte une formule entendue comme un refrain depuis plusieurs années dans le mouvement olympique.

Le dossier marocain recense 14 stades, mais seulement 12 seraient retenus en cas de victoire. La capitale économique, Casablanca, et la capitale touristique, Marrakech, en auront chacune deux. Les autres villes-hôtes de l’événement seraient Rabat, la capitale administrative, le port de Tanger, Agadir, Meknès,  Fez, Tetouan et Ouarzazate.

Cinq stades déjà existant à Marrakech, Agadir, Fez, Rabat et Tanger, seraient rénovés. Quatre autres enceintes verront le jour, mais leur construction est déjà prévue et financée, elle se fera avec ou sans Mondial. En tête de liste, le futur Stade National Casablanca, d’une capacité de 93 000 places. Il accueillerait le match d’ouverture et la finale.

En prime, le royaume prévoit de construire 5 stades modulaires, dont la capacité serait réduite après le Mondial, afin de mieux coller aux besoins de la population locale: Meknès, El Jadida, Nador, Ouarzazate, Marrakech. Coût total: 1,2 milliard de dollars.

Enfin, le pays consentirait un important investissement hôtelier, avec la création de 30 000 chambres d’hôtel supplémentaires dans les villes hôtes. Coût: 3,2 milliards de dollars.

Suffisant? Selon les porteurs du projet, la candidature marocaine peut faire la différence grâce à trois atouts : ses fuseaux horaires (GMT +0), qui permettront à un grand nombre de pays, notamment en Europe, de suivre les matches en direct; la facilité pour les fans de se rendre au Maroc, avec 70 pays non soumis au régime de visa; et enfin les faibles distances à parcourir entre les stades. En clair, les forces annoncées du Maroc ressemblent de très près aux faiblesses du dossier nord-américain. Logique.

Le pays annonce des retombées économiques potentielles estimées à 2,7 milliards de dollars, grâce notamment à la création de 110 000 emplois.

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