Institutions - 01/03/2018

La suspension de la Russie, 3 mois et puis s’en va

Trois mois. A quelques jours près. Peu et beaucoup à la fois. Décidée par la commission exécutive du CIO le 5 décembre dernier, la suspension du comité olympique russe a été levée mercredi 28 février. La parenthèse est refermée. Mais les questions demeurent.

Comme souvent dans l’univers olympique, l’information n’est pas venue du CIO. Alexander Zhukov, le président du comité olympique russe, s’est offert le privilège du scoop. Et il ne s’est pas privé de lui donner l’allure d’une annonce nationale. « Le comité olympique russe a vu ses droits pleinement rétablis, a-t-il confié dans une déclaration à la télévision d’Etat. C’est une décision de la plus haute importance pour nous. »

Dans la foulée, mais avec un train de retard, le CIO a confirmé la nouvelle, via un communiqué de quelques lignes. « L’Unité « sport sans dopage » a transmis les derniers résultats des contrôles effectués sur les membres de la délégation des athlètes olympiques de Russie, précise le texte de l’institution basée à Lausanne. Le CIO confirme que tous les résultats sont négatifs. Aussi, comme indiqué dans la décision prise le 25 février dernier par la commission exécutive, la suspension du comité olympique russe est-elle levée avec effet immédiat. »

Difficile de se montrer plus expéditif. La Russie retrouve sa place, ses droits et son honneur. Elle a perdu 3 mois. Ses athlètes ont été privés de drapeau et d’hymne national aux Jeux de PyeongChang, où sa délégation comptait malgré tout le nombre très respectable de 168 athlètes. Ils en ont ramené 17 médailles, dont 2 en or. Le purgatoire aurait pu se révéler moins vivable.

Sur la chronologie des événements, rien à redire. Samedi dernier, veille de la fin des Jeux d’hiver de PyeongChang, la commission exécutive du CIO s’est penchée sur le cas russe. A la question de savoir si sa délégation serait autorisée à défiler sous ses couleurs à la clôture, comme cela avait été évoqué avant le début des Jeux, ses membres ont répondu par la négative.

Le lendemain, la session du CIO a validé à l’unanimité le maintien de la suspension de la Russie. Avant de préciser vouloir attendre de connaître l’ensemble des résultats des contrôles antidopage menés aux Jeux d’hiver avant d’aller plus loin dans le processus. Aucun nouveau cas n’ayant été relevé, la suspension a été levée. Logique.

Il n’empêche, deux athlètes russes ont été contrôlés positifs aux Jeux de PyeongChang: le curleur Alexander Krushelnitsky, médaillé de bronze dans l’épreuve mixte, et la bobeuse Nadezhda Sergeeva, 12ème en bob à 2. Deux cas positifs sur les 4 enregistrés pendant la quinzaine olympique. Le nombre reste réduit, mais la proportion dérange. A l’évidence, le CIO doit considérer que « seulement » deux athlètes dopés ne constitue pas une entrave à l’éthique suffisante pour laisser tout un pays patienter sur le banc des accusés.

Parfait timing: la décision du CIO est intervenue au moment précis où Vladimir Poutine recevait à Moscou les athlètes présents aux Jeux de PyeongChang. Le président russe n’a pas retenu son sourire. Il a conclu que la suspension de son pays était « une page que nous devons tourner. » Puis il a suggéré que ces Jeux d’hiver avaient, « malgré toutes les difficultés, montré de bonnes surprises et donné de nouveaux héros. » Les affaires peuvent reprendre.

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