Événements - 26/02/2018

Les Jeux d’hiver sont finis, leur avenir pose question

Le rideau est tombé sur les Jeux d’hiver de PyeongChang. Thomas Bach les a officiellement déclarés terminés, dimanche soir, au terme d’une cérémonie de clôture soignée mais sans déploiement de forces. Le président du CIO a invité un groupe d’athlètes du monde entier, dont Lindsey Vonn et Martin Fourcade, à le rejoindre au centre de la scène pour former un cœur (photo ci-dessous). Touchant. Il a également assuré que l’événement sud-coréen avait « ouvert de nouveaux horizons. »

Qu’en restera-t-il? La question est tout sauf anecdotique pour un mouvement olympique plus préoccupé que jamais par la notion d’héritage. A Rio, le constat frise la catastrophe. A PyeongChang, la réponse manque encore de clarté.

Lee Hee-beom, le président du comité d’organisation, l’a assuré dimanche 25 février: les Jeux d’hiver ne laisseront pas d’ardoise. « Nous ne devrions pas présenter de déficit« , a prédit le Sud-Coréen. La billetterie a dépassé les espérances, malgré les images de tribunes mal remplies sur certains des sites de compétition. Le merchandising a connu le succès espéré. En 17 jours, les Jeux n’ont pas été marqués par le moindre incident, sécuritaire surtout. Selon les premières estimations, les Jeux auraient contribué à un gain de croissance de l’économie nationale de 0,2% au premier trimestre. Très fort.

 

 

Il n’empêche, les organisateurs sud-coréens peinent à répondre à l’interrogation du CIO sur l’avenir des sites de compétition. Une question légitime pour un événement dont la facture globale est estimée à 13,1 milliards de dollars (12,6 milliards d’euros au cours actuel), dont environ 80% consacrés aux équipements et infrastructures.

Gunilla Lindberg, la présidente de la commission de coordination du CIO, l’a relevé dans son rapport final: « Pour au moins quatre sites, l’héritage des Jeux n’est pas encore déterminé. Nous attendons avec impatience que les Sud-Coréens nous confirment rapidement ce qu’ils prévoient d’en faire. »

Les sites concernés se situent à Gangneung (patinoire de hockey glace et anneau de patinage de vitesse), Alpensia (piste de bobsleigh, luge et skeleton), et Jeongsun (centre de ski alpin). Le CIO s’en inquiète et n’en fait pas mystère, mais il en avait autorisé la construction sans connaître leur avenir.

Pour stade olympique, utilisé pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, la question est tranchée: il sera détruit. Tout simplement. Sa construction a coûté 109 millions de dollars.

Ailleurs, rien n’est clair. Les autorités de la province de Gangwon et le gouvernement sud-coréen se renvoient la balle sur l’épineux dossier de la maintenance des installations. Selon un document officiel révélé par l’agence Reuters, il en coûterait plus de 5 millions de dollars par an pour faire fonctionner les sites de compétition.

Le retour des fameux « Eléphants blancs », ces installations laissées à l’abandon une fois les feux éteints? Le CIO se veut rassurant, mais sans cacher ses craintes. Les Sud-Coréens n’en veulent pas, mais sans dévoiler leurs plans.

La semaine passée, le gouverneur de la province de Gangwon a publiquement suggéré que les deux voisins coréens, le Nord et le Sud, s’associent pour présenter une candidature commune aux Jeux Asiatiques d’hiver en 2021. Le projet aurait le double mérite de prolonger les efforts de paix et d’offrir un avenir aux sites des Jeux de PyeongChang 2018. Une idée à creuser.

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