Candidatures - 12/02/2018

Pour la jeunesse, le CIO ne veut plus de candidatures

Une page est-elle en train de se tourner au CIO? L’organisation olympique l’a confirmé ce lundi 12 février: elle ne lancera pas un processus de candidature pour les Jeux olympiques de la Jeunesse d’été en 2022. Pour la première fois, les pays intéressés ne seront pas formellement mis en concurrence. Ils n’auront pas à casser leur tirelire pour financer une campagne de candidature.

La commission exécutive du CIO l’avait suggéré la semaine passée, puis la session l’avait validé: la quatrième édition des Jeux de la Jeunesse d’été se déroulera en 2022 sur le continent africain. Une certitude. Selon les explications de Thomas Bach, une façon pour l’Afrique de « patienter » avant de pouvoir postuler aux les Jeux olympiques et paralympiques, en 2032 ou 2036.

Le terrain est donc déjà connu. Reste à trouver une ville-hôte. Pour cela, le CIO a décidé de bousculer ses habitudes. Antoine Goestchy, le responsable des Jeux de la Jeunesse, a expliqué ce lundi matin à PyeongChang que les pays intéressés ne seraient pas formellement « mis en compétition. » Le CIO n’ouvrira pas un processus de sélection. « Nous entamerons plutôt un dialogue avec eux », a détaillé le Français.

Dans un premier temps, les comités olympiques africains seront sollicités pour prendre position sur l’événement. Le CIO discutera ensuite avec les éventuels postulants, mais sans exiger d’eux les habituels incontournables d’une campagne olympique: dossiers, présentation, garanties…

Dans le fond, l’évolution s’avère assez relative. Il faudra toujours aux pays en lice proposer un concept, présenter un budget et convaincre le mouvement olympique. Mais la forme changera. Le CIO fera l’économie d’une commission d’évaluation. Les postulants n’auront pas besoin, a priori, de casser leur tirelire pour s’offrir les services d’une ou plusieurs agences internationales de communication.

Mais Antoine Goestchy l’a précisé: l’attribution des Jeux de la Jeunesse 2022 passera par les urnes. « Il y aura un vote », a-t-il confié. Le scrutin se déroulera en octobre 2018, lors de la prochaine session du CIO, organisée en marge des Jeux de la Jeunesse à Buenos Aires.

Pas de candidatures, mais un « dialogue » avec les villes intéressées. Pas de réelle compétition, mais malgré tout un vote pour désigner l’hôte de l’événement. A huit mois de la décision, le CIO ne semble pas avoir tout à fait déterminé les règles de la course.

Quant aux potentiels candidats, Antoine Goetschy se montre vague. « Il est encore un peu tôt pour le dire », a-t-il reconnu, se contentant de citer le Sénégal comme le seul postulant aujourd’hui déclaré. Une réponse qui suggère que les Sénégalais pourraient bien être les seuls, à ce jour, ayant manifesté une envie de se lancer dans l’aventure.

Question: le processus tenté par le CIO pour le choix de la ville-hôte des JOJ 2022 préfigure-t-il de l’avenir des campagnes olympiques? A ce stade, il est prématuré de répondre. Mais Antoine Goestchy l’a encore rappelé, ce lundi, au centre des médias des Jeux de PyeongChang: « Les Jeux de la Jeunesse doivent rester une sorte d’incubateur pour les Jeux olympiques. » Y compris, qui sait, pour le processus de sélection.

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