Événements - 06/12/2017

Vladimir Poutine écarte toute menace de boycott

Vladimir Poutine a parlé. Il l’a fait en fin de journée, mercredi 6 décembre, au lendemain de la décision du CIO de suspendre la Russie des prochains Jeux d’hiver. Et, non sans surprise, le président russe s’est montré conciliant. A la méthode dure, il a préféré l’ouverture. A la perspective d’un boycott, il suggère une participation.

S’exprimant a l’occasion d’une rencontre avec les ouvriers d’une usine à Nijni Novgorod, sur la Volga, Vladimir Poutine a expliqué, cité par les médias russes: « Sans le moindre doute, nous n’allons opposer aucun blocage, nous n’empêcherons pas nos sportifs de prendre part aux Jeux olympiques de Pyeongchang. »

Restant droit dans ses bottes, refusant toujours de reconnaître l’existence d’un dopage d’état institutionnalisé, Vladimir Poutine a également expliqué: « L’important est que dans les conclusions de la commission exécutive du CIO, il est écrit qu’il n’y a eu aucun système gouvernemental de soutien au dopage. C’est une conclusion importante. » Puis il a interrogé: « S’il n’y a pas eu de soutien gouvernemental, pourquoi interdire de participer sous nos symboles nationaux. C’est une grande question. »

Dès l’annonce de la décision du CIO, mardi 5 décembre, plusieurs députés et sénateurs russes avaient avancé qu’il serait humiliant pour la Russie d’y participer sous un drapeau olympique. Ils avaient brandi tout haut la menace d’n boycott.

A l’évidence, ils ont parlé trop vite. En milieu de journée, ce mercredi, le Kremlin a laissé entendre qu’il serait prudent d’attendre. Dmitri Peskov, son porte-parole, avait estimé que la situation était « sérieuse », mais qu’il ne fallait pas « céder aux émotions, mais plutôt analyser avec attention la décision du CIO. »

Selon plusieurs sources, les décisions seront prises à l’issue de la prochaine réunion du comité olympique russe, prévue le 12 décembre. « Avant cela, tirer des conclusions serait prématuré », a confié le porte-parole du Kremlin.

Dans le camp des athlètes, la déception a cédé la place à un certain espoir. « Il faut aller aux Jeux olympiques. Refuser, c’est se rendre », a suggéré le hockeyeur Ilya Kovalchuk, cité par l’agence TASS.

Même tendance de la part de l’ancienne perchiste Yelena Isinbayeva, aujourd’hui membre du CIO: « M’adressant aux athlètes, je veux dire qu’ils ne doivent absolument pas désespérer et continuer à s’entraîner pour les Jeux. »

A l’inverse, le chef de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, n’attendra pas les prochains jours pour choisir une option radicale. Il a déjà prévenu sur sa page Instagram que « aucun athlète vivant en Tchétchénie ne participera aux Jeux sous drapeau neutre. »

Dernière nouvelle du jour: selon un porte-parole du CIO, la suspension de la Russie pourrait être levée à la toute fin des Jeux de PyeongChang 2018. Dans une telle hypothèse, les athlètes russes autorisés à participer aux Jeux sous couvert de neutralité pourraient défiler derrière le drapeau russe, lors de la cérémonie de clôture, dimanche 25 février 2018.

 

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