Candidatures - 19/10/2017

Sion 2026, un chèque d’un milliard et un référendum

Le CIO ne remerciera jamais assez la Suisse. Trois jours après le non de la population du Tyrol au projet de candidature d’Innsbruck pour les Jeux d’hiver 2026, le Conseil fédéral helvétique a donné son feu vert au dossier Sion 2026. Une bonne nouvelle chasse la mauvaise dans l’univers olympique. Pas si fréquent.

La décision du gouvernement suisse était annoncée une semaine plus tôt. Elle a été repoussée, faute d’une unanimité de ses membres en faveur du projet olympique. Elle est tombée mercredi 18 octobre. Guy Parmelin, le conseiller fédéral en charge des sports, l’a commentée sans un bémol: « Les Jeux olympiques représentent une chance pour le pays. Je suis convaincu des effets positifs sur la cohésion nationale et le développement économique, notamment des régions de montagne. »

Réaction soulagée de Jean-Philippe Rochat, le président du comité de candidature: « C’est une grande joie, mais en même temps une grande responsabilité. Il y a encore beaucoup d’obstacles à surmonter, au plan national d’abord, puis international. »

Le feu est vert, donc, pour le projet de Sion 2026. Mercredi, le Conseil fédéral a accompagné son soutien par la promesse d’un chèque d’un milliard de francs suisses en cas de victoire du dossier suisse. En euros, 864 millions. Une somme que les porteurs du dossier peuvent ajouter à la contribution du CIO à la ville-hôte des Jeux d’hiver en 2026, annoncée à hauteur de 785 millions d’euros au cours actuel (925 millions de dollars). Le calcul est simple: 864 + 785 = 1,649 milliard d’euros. Le budget des Jeux d’hiver à Sion en 2026 est déjà presque bouclé.

Précision: la plus grande part du milliard de francs suisses garanti par le gouvernement ira à l’organisation des Jeux. Mais une enveloppe de 31 millions (26,8 M€) a été prévue pour les infrastructures. Une autre, plus réduite (8 millions de francs suisses, soit 6,9 M€), sera attribuée à la campagne de candidature.

 

 

Reste un obstacle à franchir. Un obstacle à deux barrières. La première est politique. Pour entrer réellement en phase de candidature, à partir du mois d’octobre 2018, Sion 2026 devra convaincre la majorité du Parlement suisse. Pas gagné d’avance. Le projet ne fait pas encore l’unanimité parmi les forces politiques.

Mathias Reynard, un élu socialiste, s’emporte: « Je trouve choquant la facilité avec laquelle on trouve 1 milliard pour des Jeux, alors que le même jour le Conseil fédéral s’oppose à un congé paternité qu’il juge trop cher. Je ne sais pas encore si je vais dire non à ce projet. Mais il faut être conséquent. On prévoit l’année prochaine des coupes de 200 millions dans la formation. Si on n’a pas d’argent pour la formation, alors on n’en a pas pour des Jeux. »

Même opposition de la part des Verts, les plus hostiles au projet olympique. « Dépenser tout cet argent pour deux à trois semaines, ce n’est pas acceptable, au moment où on exige des économies à tout va », argumente la vice-présidente du parti, Lisa Mazzone.

Deuxième obstacle: la votation. Une habitude suisse. L’arme fatale à toutes les récentes candidatures olympiques. Il semble désormais acquis que le projet de Sion 2026 devra en passer par un référendum. Au moins dans le Valais, le premier canton concerné. Dans la foulée de la décision du Conseil fédéral, ses élus ont annoncé la tenue d’un scrutin, prévu le 10 juin 2018. Une victoire du non renverrait par le fond les rêves olympiques de la Suisse.

La consultation sera-t-elle étendue au reste du pays? Possible. Il faudrait alors convaincre les cantons voisins, une tâche qui s’annonce complexe.

 

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