Institutions - 20/09/2017

« Je peux gagner avec une substantielle majorité »

Veillée d’armes à Bergen. Jeudi 21 septembre, les 45 grands électeurs de l’Union cycliste internationale (UCI) se succéderont en bon ordre devant l’urne pour désigner leur président. En piste, deux candidats. A gauche (sur la photo), le Britannique Brian Cookson, 66 ans, le sortant, en compétition pour un deuxième (et présumé dernier) mandat. A droite, le Français David Lappartient, 44 ans, entré au dernier moment dans la course, après avoir longtemps assuré qu’il atteindrait 2021.

Le scrutin s’annonce serré. En début de semaine, David Lappartient a confié au quotidien Le Télégramme qu’il partait « en confiance en Norvège. » Avec ce commentaire: « J’ai le sentiment que ma candidature est plutôt bien perçue. » Présent la semaine passée à Lima pour la session du CIO, Brian Cookson affichait un semblable optimisme quant à l’issue du scrutin.

Précision: l’élection à la présidence de l’UCI obéit à des règles assez particulières, pour ne pas dire étranges. Le privilège du vote est concentré sur 45 grands électeurs, issus des confédérations continentales: 15 pour l’Europe, 9 pour l’Asie, 9 pour l’Afrique, 9 pour l’Amérique et 3 pour l’Océanie.

Brian Cookson a répondu aux questions de FrancsJeux entre deux débats de la session du CIO à Lima.

FrancsJeux: Quel est votre niveau d’optimisme, ou à l’inverse d’inquiétude, avant l’élection à la présidence de l’UCI?

Brian Cookson: Je suis optimiste. J’ai eu l’occasion d’échanger avec tous les électeurs à travers le monde. Leur retour ont été favorables. J’ai toutes les raisons de penser que je pourrai l’emporter avec une substantielle majorité.

En termes de voix, cela donnerait combien?

Il est toujours difficile de répondre, mais je pense pouvoir compter sur 30 voix (sur les 45 votants, ndlr).

Entre David Lappartient et vous-même, où peut se faire la différence?

La première différence est tout simplement que les gens ne ressentent pas le besoin de changer. Je crois qu’ils reconnaissent que nous avons civilisé l’UCI, restauré sa crédibilité et mis en place une série de très intéressants programmes. Bien sûr, rien n’est pas parfait. Il reste du travail à faire. Mais le monde du cyclisme est déterminé, je pense, à me confier un second mandat de 4 ans pour mener mon projet à son terme.

En cas de victoire, quelles seraient vos priorités?

Continuer à développer le cyclisme féminin, poursuivre la réforme du World Tour, en cherchant notamment à le simplifier, accompagner la croissance du cyclisme sur l’ensemble de la planète. L’UCI n’est pas une organisation nationale ou européenne, elle est internationale. Nous devons envisager son action et son développement sur le plan mondial, en essayant de faire en sorte que le cyclisme soit pratiqué par le plus grand nombre dans tous les pays, pas seulement au niveau de l’élite, mais également comme moyen de transport, comme loisir ou comme un sport-santé.

Pour David Lappartient, l’UCI n’est toujours pas capable de régler le problème du dopage technologique. Que répondez-vous?

Sur ce sujet, sa position est avant tout politique. Nous avons beaucoup investi, cherché et expérimenté pour lutter contre la fraude technologique. A ce jour, notre système de tablettes de détection est le seul qui ait été capable de débusquer les tricheurs. Je sais que certains prétendent avoir mieux, mais je les invite à venir nous présenter leur découvertes à l’UCI, à Aigle, avec une réalisation concrète et en état de marche. S’il existe un procédé plus performant que le nôtre, nous serons ravis de le valider et l’utiliser. Bien sûr, la technologie évolue, mais nous suivons tout cela de très près. Nous dépensons beaucoup sur la lutte contre la fraude, nos experts travaillent avec les équipementiers, les fabricants de cycles.

La société A.S.O, propriétaire notamment du Tour de France, jouera-t-elle un rôle dans l’élection?

Je ne sais pas quelle est la position d’A.S.O par rapport à David Lappartient. Sont-ils à ses côtés? Le soutiennent-ils? Je n’ai parlé à personne d’A.S.O au cours des dernières semaines. Nos derniers échanges remontent à l’arrivée du Tour de France sur les Champs Elysées. Les gens d’A.S.O s’étaient comportés avec moi comme ils le font toujours, avec cordialité et politesse. Je reconnais leur compétence et leur savoir-faire. Le cyclisme se porterait encore mieux s’il existait d’autres sociétés du niveau d’A.S.O. Mais je crois qu’ils auraient intérêt à rester en dehors de cette élection.

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