— Publié le 14 septembre 2017

Les Jeux sont gagnés, le boulot commence

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La nuit a été courte, à Lima, pour l’équipe de Paris 2024. Assurée de ramener le Graal, la délégation française a fêté comme il se doit, mercredi soir, sa victoire dans la course aux Jeux d’été. Elle avait réservé l’un des restaurants les plus courus de la capitale péruvienne, Astrid y Gaston. Aux fourneaux, un élève sud-américain du chef Alain Ducasse, venu en personne superviser l’affaire.

Eric Garcetti et Casey Wasserman se sont montrés à la soirée, en sneakers Nike, flanqués d’un Thomas Bach béat comme un angelot. Guy Drut s’est saisi du micro, sur la scène, pour s’essayer au rap. Teddy Riner a chauffé la salle. Tony Estanguet a rempli jusque tard dans la nuit, impeccable de professionnalisme, ses obligations médiatiques.

La délégation parisienne a quitté Lima au grand complet, jeudi après-midi, par un vol spécial. A Paris, une autre forme de célébration l’attend avant la coupure du week-end. Sa tête de pont doit se rendre à l’Elysée, à l’invitation d’Emmanuel Macron, où sont également annoncés François Hollande et Nicolas Sarkozy. Anne Hidalgo doit présider un Conseil de Paris extraordinaire. En début de soirée, le ban et l’arrière-ban de la glorieuse aventure olympique assisteront à un concert gratuit donné sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

 

 

 

La suite? Elle s’écrit au futur, avec une forte tendance au conditionnel. Mais les premières étapes sont déjà connues.

Un délégué interministériel. Il a été officiellement nommé jeudi 14 septembre 2017, avant même le retour de l’équipe de candidature. Jean Castex, 52 ans, le maire de Prades, dans les Pyrénées Orientales, enfilera le costume de délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques (Dijop). Cet énarque passé par l’Elysée, dont il était le secrétaire général adjoint à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, aura pour mission de coordonner l’implication des différents ministères (Transport, Intérieur, Ecologie, Sports…) dans la préparation des Jeux. Il devrait conserver son mandat de maire de Prades.

Une loi olympique. Son calendrier n’est pas encore défini, mais elle devrait être promulguée, selon Laura Flessel, la ministre des Sports « dans les 6 mois à venir ». Son existence est demandée par le CIO. Le gouvernement devrait, en toute logique, statuer par ordonnance. Son rôle ? Instituer un certain nombre d’aménagements juridiques pour accélérer et/ou simplifier les procédures administratives existantes. En clair, faciliter l’attribution de visas pour les athlètes, les entraîneurs et les officiels, étendre la durée des permis de travail, exonérer les gains des sportifs, protéger les droits des partenaires des Jeux. Elle concernera les Jeux, mais également leur préparation.

Un comité d’organisation. Selon les estimations des leaders de la candidature, le comité d’organisation des Jeux (COJO) pourrait voir le jour en février 2018. Le comité de candidature, de son côté, sera dissous au mois de décembre. Le nouveau COJO sera présidé par Tony Estanguet. Bernard Lapasset en sera le président d’honneur. Etienne Thobois est annoncé comme le futur directeur général.

Le reste du casting reste flou. Plusieurs des directeurs de la candidature (Sophie Lorant aux relations internationales, St Clair Milesi à la communication, Jean-Philippe Gatien aux sports) ne cachent pas leur intention de s’accorder un long répit, plusieurs mois, indispensables à leurs yeux pour récupérer d’une aventure épuisante. Remonteront-ils à bord? Probable. Mais Tony Estanguet l’a expliqué: il souhaite renouveler une partie de l’équipe.

Autre inconnue: le poids et l’influence des « membres fondateurs ». A la Mairie de Paris, à la région Ile-de-France, mais également au ministère des Sports et dans le mouvement sportif (CNOSF, fédérations), ils sont nombreux à piaffer d’impatience pour intégrer l’équipe de Paris 2024. Seul ennui, il n’y aura pas de la place pour tout le monde. « Les lames sont déjà affûtées, ça s’annonce sanglant », annonce un proche du dossier. « La bataille a commencé depuis un bon mois », confie un autre.

En marge du COJO se mettra en place le Solideo, une structure chargé de superviser la livraison des équipements (villages et centre nautique). David Douillet, l’ancien ministre des Sports, lorgnait sur sa présidence avec des regards d’envie. Il n’en sera pas. Anne Hidalgo, la maire de Paris, se chargera du job. Solideo sera doté d’un budget de fonctionnement de 60 millions d’euros. Il associera la présidente de la Région, Valérie Pécresse, déterminée à rappeler à ses côtés un autre ancien ministre des Sports, Jean-François Lamour.