Candidatures - 12/05/2017

Pour les Jeux de 2024, Los Angeles se rêve en village

Après les paroles, les actes. Après les présentations, la réalité. Au deuxième jour de leur visite à Los Angeles, jeudi 11 mai, les membres de la commission d’évaluation du CIO ont quitté l’hôtel JW Marriott et ses salles de réunion aux proportions de hall de gare. Ils sont sortis. A l’extérieur. Ils ont vu le jour. « Nous avons suivi le soleil », a plaisanté Patrick Baumann, le président de la commission (photo ci-dessus, avec Casey Wasserman, Christophe Dubi et Eric Garcetti), reprenant à son compte le slogan de la candidature américaine.

L’exercice n’a pas été de tout repos. L’équipe californienne a scindé la délégation en trois groupes distincts. A chacun sa feuille de route. En conjuguant leurs forces, les envoyés du CIO ont pu visiter tous les sites de compétition du dispositif de LA 2024, à une seule exception, le lac Perris, proposé pour les épreuves d’aviron et de canoë-kayak course en ligne.

Au Memorial Coliseum, le stade d’athlétisme construit pour les Jeux en 1932, puis remis à neuf pour ceux de 1984, le groupe Eric Garcetti s’est laissé gagner par l’émotion des souvenirs. Le maire de Los Angeles raconte avoir vu Joan Benoit, sacrée au marathon en 1984, et Nawal El Moutawakel, médaillée d’or la même année au 400 m haies, aujourd’hui membre du CIO, partager leurs larmes en se revoyant sur les images d’archives projetées pendant la visite.

Patrick Baumann, également secrétaire général de la FIBA, s’est offert en quelques heures une visite du Staples Center, où évoluent aujourd’hui les Lakers et les Clippers de Los Angeles, et un passage par le Forum, l’ancienne salle de la première des deux franchises NBA de la métropole californienne. Le Suisse a apprécié. « La journée a été riche et instructive, raconte-t-il. Elle nous a permis de mesurer l’héritage laissé pour la population par les Jeux de 1984. Or, pour le CIO, l’héritage constitue un aspect très important des Jeux olympiques. »

 

 

Trois groupes, trois périples différents. Mais, en bout de course, une destination commune: UCLA (photo ci-dessus). L’équipe de candidature a rassemblé son petit monde en milieu d’après-midi sur le campus universitaire le plus illustre du pays, sans doute de la terre entière, proposé dans le dossier de candidature pour se transformer le temps des Jeux en village des athlètes. « Il aurait été stupide de procéder différemment, car le village constitue le joyau du dispositif », suggère un consultant de la candidature. » Casey Wasserman confirme: « Il est certain que pouvoir montrer un village déjà existant représente un atout, un atout considérable. »

Dans sa configuration actuelle, le campus ne colle pas complètement aux standards d’un village des athlètes. Avec ses 13 000 lits, sa capacité serait insuffisante. Mais l’équipe de LA 2024 l’a annoncé jeudi: UCLA en ajoutera un nouveau contingent de 4 500 à échéance 2021. Une demande de l’état de Californie motivée par la nécessité d’accueillir à l’année un nombre grandissant d’étudiants. Autre réserve: il serait impossible d’aménager sur le campus une seule cafétéria pour tous les athlètes des Jeux. « Mais les comités nationaux olympiques n’attachent pas à cette question une telle importance », assure un membre du comité de candidature. Avec ses huit salles de restaurant, UCLA peut aujourd’hui servir en moyenne 30 000 repas par jour.

A la différence de Paris, où la candidature propose de construire un village tout neuf non loin du Stade de France, à Saint-Denis, Los Angeles possède déjà le sien. Une autre approche. Casey Wasserman la présente comme une certitude: « Il est impossible de parvenir à un tel résultat en seulement sept années en partant de zéro, en termes de logement, de cadre de vie et de structures d’entraînement. Et je ne parle même pas de la végétation. Sur le campus, certains arbres ont plusieurs décennies ». Patrick Bauman, prudent, se montre plus nuancé: « Nous n’allons pas comparer les deux options, un village déjà existant et un autre à construire. L’important est de répondre aux besoins et aux attentes des athlètes. »

A Los Angeles, jeudi 11 mai, le Suisse et ses collègues du CIO ont pu juger sur pièces. A Paris, la semaine prochaine, ils découvriront un projet. Pas sûr qu’ils manifestent une préférence.

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