Candidatures - 19/04/2017

Sur Paris 2024, les candidats sont maintenant d’accord

La performance n’est pas mince. Il serait même tentant de la qualifier d’historique. A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, les cinq « principaux » candidats à la succession de François Hollande continuent de s’opposer sur à peu près tout. Mais ils parlent le même langage sur un sujet, un seul: la candidature de Paris aux Jeux de 2024.

A l’attaque de la dernière ligne droite, un seul membre du « club des cinq » se montrait jusque-là encore tiède, voire hostile, au projet olympique de la capitale. Jean-Luc Mélenchon, le leader de « La France insoumise », n’a jamais caché son opposition à la candidature de Paris 2024, estimant que le pays avait d’autres priorités que de recevoir la planète entière pour des Jeux d’été. Mais il a modifié sa position.

La preuve de ce consensus politique a été apportée dans la soirée du mardi 18 avril, à Paris, à l’occasion d’un débat sur la question sportive organisé au stade Jean-Bouin à l’initiative conjointe de Sporsora, de l’Union sport & cycle, du think tank Sport et Citoyenneté, du comité sport du Medef, et de l’association nationale des ligues de sport professionnel.

A 5 jours du premier tour, les cinq candidats n’ont pas fait le déplacement. Logique et attendu. Ils ont envoyé, pour les représenter, leurs experts respectifs sur les questions sportives (photo ci-dessous, de gauche à droite): Aleksandar Nikolic pour le Front national; le sénateur de l’Isère Michel Savin et l’ancien judoka Stéphane Traineau, maire adjoint de Villiers-sur-Marne, pour Les Républicains; le député PS des Alpes-de-Haute-Provence et porte-parole d’Emmanuel Macron, Christophe Castaner, pour « En Marche! »; Bally Bagayoko pour « La France insoumise »; et enfin le député de la Loire Régis Juanico pour le Parti Socialiste.

 

 

François Fillon et Benoît Hamon se sont tous les deux montrés, au cours de leur campagne, très favorables à la candidature de Paris 2024. Emmanuel Macron a rejoint lui aussi le mouvement, estimant que l’accueil en France de grands événements constituait un outil intéressant pour dynamiser l’économie. Marine Le Pen, de son côté, a confié le mois dernier sur France Bleu qu’elle était « tout à fait d’accord pour l’organisation de ces JO », mais en fustigeant le slogan de la candidature, « Made for sharing », le qualifiant de « soumission culturelle au monde anglo-saxon ».

Restait le cas Jean-Luc Mélenchon. L’opposant. L’anti-Jeux. Mais les choses ont changé. Son représentant au débat, Bally Bagayoko, l’a expliqué mardi soir: « Son hostilité remonte au moment du dépôt de la candidature. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la même séquence, Paris est désormais candidate. »

Mais Jean-Luc Mélenchon pose ses conditions. Les Jeux, d’accord, mais pas à n’importe quel prix. « Nous serons attentifs au fait que l’enveloppe de 6,5 milliards d’euros, dont 1,5 milliards d’argent public, ne soit pas dépassée, a précisé Bally Bagayoko, par ailleurs vice-président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Une commission indépendante le vérifiera. Nous souhaitons aussi, bien sûr, des Jeux solidaires, propres et responsables. Nous ne pouvons pas refuser ces grands événements et la plus-value qu’ils apportent. »

L’équipe de Paris 2024 peut envisager l’avenir immédiat sans craindre le risque d’un séisme. Le vainqueur de la présidentielle, dimanche 7 mai, lui sera favorable. A une semaine jour pour jour de la visite à Paris de la commission d’évaluation du CIO, la perspective est rassurante.

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