Candidatures - 16/02/2017

« Je ne me laisse pas influencer par Mr Trump »

Gian-Franco Kasper n’a jamais été avare de bons mots. Le dirigeant suisse, membre historique du CIO et président de la Fédération internationale de ski (FIS), s’interdit rarement de livrer le fond de sa pensée. Y compris sur les sujets les plus débattus de l’actualité, où l’organisation olympique préfère voir ses membres se murer dans le silence et la neutralité. Exemple: la course à l’attribution des Jeux d’été en 2024.

A sept mois du scrutin, les votants se gardent bien d’exprimer en public la moindre opinion tranchée sur les chances des uns ou les faiblesses des autres. Gian-Franco Kapser, lui, s’exprime sans retenue. Il n’a pas hésité à commenter l’influence que la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines, et plus encore ses premières décisions de locataire de la Maison Blanche, peuvent avoir sur la candidature de Los Angeles.

« Je ne crois pas que cela aura une influence directe, a suggéré le Suisse, dont les propos sont cités par l’agence de presse australienne AAP.  Le vote n’aura pas lieu avant le mois de septembre. D’ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. »

Gian-Franco Kasper poursuit: « Nous avons trois bonnes candidatures. Je crois que nous allons assister à une course très serrée entre Paris et Los Angeles. »

Pour le président de la FIS, le facteur politique ne devrait pas se mêler à la bataille entre les trois villes candidates. Il ne craint pas d’aller à l’encontre des idées reçues. Il tord avec plaisir le cou aux avis relayés depuis plusieurs semaines par la presse internationale.

La politique n’influencera pas les membres du CIO, avance Gian-Franco Kasper. Il insiste: « Je ne me laisse pas influencer par Mr Trump. Pour moi, la bataille se joue sur le concept (des Jeux), et sur ce que les organisateurs proposent. »

Le dirigeant suisse exprime-t-il tout haut ce que la majorité des membres du CIO pense tout bas? Probable. Entré au CIO lors de la session de Sydney en 2000, Gian-Franco Kasper compte parmi les membres les plus reconnus de l’organisation olympique. Son mandat a été prolongé à l’unanimité, à l’occasion de la session de Kuala Lumpur en juillet et août 2015, alors qu’il avait dépassé la limite d’âge (il avoue 73 ans).

En coulisses, ils sont nombreux dans le mouvement olympique à suggérer que les données politiques sont devenues trop incertaines pour constituer un critère de choix au moment du vote. « Qui peut prédire ce qui se passera l’an prochain? Alors en 2024… », confie un connaisseur du milieu.

La bataille se jouerait ailleurs. La qualité du dossier, précise Gian-Franco Kasper. Et, sans doute plus encore, l’offre des organisateurs. Au sens le plus large du terme.

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