Candidatures - 21/02/2014

Almaty rêve en grand mais dépensera petit

Après Pékin, Lviv et Oslo, une quatrième ville a profité des Jeux de Sotchi et de la présence de la presse mondiale pour lancer sa campagne pour les JO d’hiver de 2022. Almaty, au Kazakhstan, l’a fait dans le même lieu, et selon les mêmes règles, que ses trois rivales. Au centre de presse de Sotchi. Et en respectant l’exigence de temps et de sobriété imposée par le CIO.

Les candidatures olympiques, Almaty connaît. La ville avait tenté sa chance pour les Jeux d’hiver de 2014. Mais elle avait été recalée très vite, le CIO ne la jugeant pas capable de figurer dans la short-list des candidates. Cette fois, le discours a changé. Et, soyons honnête, les chances du Kazakhstan semblent aujourd’hui réelles.

Premier atout: un budget raisonnable. « Nous allons dépenser moins, mais vraiment beaucoup moins, que Sotchi », jure sur l’honneur Andrey Kryukov, l’un des membres du comité de candidature d’Almaty 2022. Timur Dossymbetov, le secrétaire général du comité olympique kazakh, ajoute: « Les infrastructures que nous avions promises dans notre dossier de candidature, nous les avons déjà construites. » Ainsi, huit des dix sites prévus pour accueillir les Jeux sont déjà fonctionnels. Les deux autres seront construits, victoire ou pas.

Selon la délégation du Kazakhstan, Almaty serait une « ville de montagne parfaitement taillée aux exigences d’un événement olympique d’hiver ». Elle serait aussi, argument moins immédiatement recevable par les votants du CIO, la « ville de l’amour ». Pour preuve cette précision, donnée avec un sourire: 12.000 mariages y sont célébrés chaque année, plus 24.000 naissances.

Pour le patineur artistique kazakh Denis Ten, médaillé de bronze la semaine passée, les Jeux d’hiver en 2022 pourraient transformer Almaty, sa ville natale, comme ils l’ont fait pour Sotchi. La ville russe « est un bon exemple de comment une ville peut changer en quelques années grâce à un événement sportif », a-t-il expliqué.

Almaty peut-elle l’emporter? A observer la concurrence, la réponse semble largement positive. Lviv, la candidature ukrainienne, aura les plus grandes difficultés à surmonter le handicap de la crise que traverse l’Ukraine. Oslo, le dossier le plus solide et rassurant, peine à convaincre la population norvégienne de soutenir massivement son projet. Pékin a le tort d’être asiatique, un obstacle insurmontable après Pyeongchang 2018 et Tokyo 2020. Quant à Cracovie, elle devra lever les doutes du CIO sur l’opportunité d’accorder les Jeux à deux pays voisins, la ville polonaise étant associée dans cette aventure à la Slovaquie.

Elève sérieuse et appliquée, Almaty a revu plusieurs fois sa copie, depuis son échec pour les Jeux de 2014, en multipliant les événements. Elle a accueilli avec Astana les Jeux asiatiques d’hiver de 2011 et organise régulièrement des Coupes du Monde de combiné nordique et de saut à skis. « Il ne nous manque plus que les Jeux olympiques », suggère Andrey Kryukov. Pourquoi pas.

 

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