Candidatures - 09/01/2014

« Oui, mille fois oui, j’ai envie d’une candidature »

Ambiance des grands soirs, jeudi 9 janvier, dans l’amphithéâtre du CNOSF à Paris. Dans l’assistance, le ban et l’arrière-ban du mouvement sportif français. Ministres actuel (Valérie Fourneyron) et passé (Alain Calmat, Edwige Avice), membre du CIO (Guy Drut), présidents de fédérations, personnalités… A la tribune, un seul orateur: Denis Masseglia. L’occasion: la cérémonie des voeux du président du CNOSF.

Un discours fleuve mais joliment maîtrisé, débuté par l’annonce du projet du CNOSF pour le sport français, où se rangent en bon ordre 40 propositions et une idée fixe: rénover un modèle de gouvernance hérité des années 60 et, certes toujours performant, mais devenu avec le temps « trop complexe et trop onéreux. » Dans l’assistance, on écoute avec attention, convaincu d’assister en direct, dans cet amphithéâtre plein comme un oeuf, à une date qui se révélera peut-être historique. Après tout, l’Assemblée générale du CNOSF a adopté plus tôt dans la journée et dans ces mêmes locaux, à « la majorité moins quatre abstentions », cet ambitieux projet de réforme. Un tel consensus n’est pas monnaie courante. A l’évidence, il se passe quelque chose.

Mais, sans surprise, Denis Masseglia attend la fin de son élocution pour agiter le sujet dont il sait que chacun boira chaque mot, à commencer par les médias présents dans l’assemblée: l’ambition olympique de la France. Alors, candidate, la France? Le président du CNOSF ménage son effet, assurant dans un élan d’allégresse « oui, mille fois oui, j’ai envie d’illustrer notre ambition olympique par une candidature aux prochain Jeux. » Puis il laisse retomber le soufflet: « Mais ce n’est pas parce qu’on en a envie qu’il ne faut pas maîtriser ses pulsions et procéder avec méthode. Nous devons canaliser notre enthousiasme et éviter de se précipiter. »

La méthode en question, Denis Masseglia l’évoque avec prudence. Mais le président du CNOSF en fait le serment: les prochaines semaines permettront d’en savoir un peu plus. Jeudi 16 janvier, une réunion au CNOSF, où devraient notamment être présents deux des trois membres français du CIO, Guy Drut et Tony Estanguet, définira les modalités d’une « étude d’opportunité » d’une candidature française aux Jeux d’été. Viendra ensuite, plus tard au cours du premier trimestre, la phase de mise en chantier de la dite étude et le choix de la société (ou des sociétés) désignée pour la mener. Denis Masseglia précise: « Nous nous retrouverons ensuite avec un tableau à deux colonnes, les plus d’un côté, les moins de l’autre. Il sera alors temps de prendre une décision. »

Quand? Mystère. Mais la France ne semble pas décidée à se lancer dans une course de vitesse. « Gardons nous des effets d’annonce, on ne gagne pas ainsi,  insiste Denis Masseglia. Si annonce il y a, elle devra se faire en ensemble et d’une même voix, tous les acteurs (Etat, territoire, monde économique et mouvement sportif) tenant le même discours. » Patience, patience.

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