Institutions - 30/10/2013

« Le CIO encouragera toujours Tokyo à réduire ses coûts »

Il est désormais l’un des hommes les plus puissants du mouvement olympique. L’Australien John Coates, 63 ans, cumule depuis quelques semaines les fonctions de vice-président du CIO et de président de la commission de coordination des Jeux de Tokyo 2020. Il a répondu depuis Sydney aux questions de FrancsJeux.

 

FrancsJeux : A quelle date allez-vous vous rendre pour la première fois à Tokyo dans le cadre de la commission de coordination des Jeux de 2020 ?

John Coates : Le président Thomas Bach doit se rendre en Chine, puis au Japon, et enfin en Corée du Sud, pendant la troisième semaine du mois de novembre. Il m’a demandé de l’accompagner en Chine et au Japon, pour me présenter officiellement comme vice-président du CIO et président de la commission de coordination des Jeux de 2020. Ma première visite à Tokyo est donc prévue dans moins d’un mois.

Mais à quel moment interviendra la première visite formelle de la commission de coordination dans la capitale japonaise ?

La date n’est pas encore fixée. Je dois me rendre à Lausanne la semaine prochaine. J’y rencontrerai Gilbert Felli. Ensemble, nous allons décider du planning des visites à Tokyo. Mais la commission ne se rendra pas sur place avant les Jeux de Sotchi.

Parmi les nombreux sujets liés à la préparation des Jeux de Tokyo, lequel constituera votre priorité ?

Une commission de coordination des Jeux n’a pas à proprement parler de priorité. Elle suit la préparation des Jeux dans sa globalité : les sites de compétition, le village, l’organisation des médias, la lutte antidopage, la couverture télévisée, la billetterie… Nous allons tout regarder, sans oublier les questions liées aux Jeux paralympiques.

Malgré tout, la question du nucléaire et des conséquences de la catastrophe de Fukushima n’est-elle pas en tête de vos préoccupations ?

Cette question a été posée lors de la présentation de la candidature de Tokyo, début septembre à Buenos Aires. Le Premier Ministre japonais y a répondu de façon claire et explicite. Il est évident que les effets de Fukushima constituent un problème de santé et de sécurité, notamment pour les athlètes. Mais je suis optimiste quant à la capacité des Japonais de la régler d’ici les Jeux de 2020.

Il a été récemment écrit que le gouvernement japonais envisageait de réduire la taille du stade olympique pour en réduire les coûts. Que vous inspire cette perspective ?

A ce jour, la CIO n’a pas été informé officiellement d’une décision des Japonais de réduire la taille du stade olympique par rapport au projet initial. Mais j’ai effectivement lu cette information. Une chose est sûre : le CIO encouragera toujours les Japonais dans leur volonté de réduire les coûts des Jeux. A la condition, bien sûr, de respecter la qualité des installations et de l’organisation des Jeux.

Vous étiez déjà membre de la commission de coordination des Jeux de Londres en 2012. Entre Londres et Tokyo, la situation est-elle comparable ?

A ce stade, oui. Mais il revient ensuite aux organisateurs de donner à leurs Jeux un caractère unique. A Tokyo, il faudra aux Japonais réussir à intégrer les Jeux dans leur propre culture. Ils devront aussi se servir des Jeux pour créer une image positive après la catastrophe de Fukushima. Ils en ont besoin. Enfin, ils devront profiter de l’événement pour encourager les jeunes Japonais à pratiquer une activité sportive.

Sous la présidence de Thomas Bach, le CIO présentera-t-il un visage différent de celui longtemps dirigé par Jacques Rogge ?

Il est sans doute un peu tôt pour répondre. Jacques Rogge a laissé le CIO dans un excellent état, notamment sur le plan financier. Thomas Bach possède la personnalité d’un véritable leader. Il est engagé actuellement dans une réflexion pour apporter au CIO certains changements. Je citerai, par exemple, la nécessité d’atteindre à Tokyo 2020 une parfaite parité hommes/femmes, ou celle de rendre les Jeux accessibles à un encore plus grand nombre de pays. Les changements interviendront également dans le programme, pour faire entrer plus de sports et de disciplines. Toutes ces questions seront discutées lors de la prochaine réunion de la commission exécutive, prévue en décembre. Elles seront ensuite débattues, voire votées, lors de l’Assemblée générale du CIO en février prochain à Sotchi. Mais la priorité de Thomas Bach, aujourd’hui, reste de réussir les Jeux de Sotchi. Aucun changement n’interviendra avant cette échéance.

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