Événements - 02/08/2013

Pas très gay, les Jeux de Sotchi

Une nouvelle polémique ? Peut-être. Un ministre russe, Vitali Moutko, en charge du sport dans le gouvernement de Moscou, a suggéré jeudi que les sportifs homosexuels seraient les bienvenus en février prochain aux Jeux d’hiver de Sotchi… mais à condition de respecter la nouvelle loi qui interdit « la propagande de l’homosexualité. » Tolérés, donc, mais en restant discrets.

« Personne n’interdit aux sportifs qui ont une orientation sexuelle non traditionnelle de venir à Sotchi, mais s’ils sortent dans la rue pour en faire la propagande, ils devront en répondre devant la loi », a prévenu le ministre. Le président russe Vladimir Poutine a promulgué en juin une loi controversée punissant tout acte de « propagande » homosexuelle devant les mineurs, dénoncée comme discriminatoire par les défenseurs des droits de l’Homme.

Aux termes de cette loi, une personne physique risque de 4.000 à 5.000 roubles d’amende (100-125 euros) pour une telle propagande, une personne dépositaire de l’autorité publique de 40.000 à 50.000 roubles (1.000-1.250 euros) et une entité juridique, de 800.000 à un million de roubles (19.000-23.500 euros). Quant aux étrangers, ils risquent une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 roubles (2.300 euros), et pourront en outre être détenus 15 jours et expulsés.

« Venez à Sotchi, mais n’impliquez pas les jeunes, ne faites pas de la propagande », insiste le ministre.

Face à cette homophobie croissante, les associations homosexuelles s’organisent. Plusieurs pétitions ont été lancées sur Internet, mais sans appeler au boycott. L’ONG internationale All Out veut, au contraire, profiter de l’évènement olympique pour « pousser les grands dirigeants à s’opposer à la répression anti-gay en Russie. » Sa pétition a déjà recueilli plus de 250 000 signatures.

Des athlètes homosexuels ont rejoint le mouvement. A l’image du patineur de vitesse néo-zélandais Blake Skjellerup, quart de finaliste aux Jeux de Vancouver en 2010, ou du patineur homosexuel américain Johnny Weir. L’un et l’autre ont annoncé qu’ils se rendraient à Sotchi. Le premier suggère même qu’il pourrait y porter un badge arc-en-ciel, au risque d’enfreindre la loi en vigueur en Russie.

Alerté sur cette situation, le CIO se veut rassurant. « Les Jeux devraient être ouverts à tous, sans discrimination, ce qui s’applique aux spectateurs, aux officiels, aux médias et, évidemment, aux athlètes. Nous nous opposerons dans les termes les plus forts à toute action qui mettrait en péril ce principe », a annoncé l’institution dans un communiqué. A suivre.

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