Institutions - 15/07/2013

Quand l’athlétisme veut jouer à qui perd gagne

Séisme dans l’athlétisme mondial. En l’espace de quelques heures, dimanche 14 juillet, deux des icônes du sprint mondial, l’Américain Tyson Gay et le Jamaïcain Asafa Powell avouent s’être faits pincés par les brigades de la lutte antidopage. Rien moins que deux des quatre meilleurs performers de l’histoire sur 100 m. Un sale coup pour le premier sport olympique. Au moins à court terme.

Sur la durée, cette double affaire pourrait s’avérer salvatrice. Au lendemain de sa révélation, la Fédération internationale d’athlétisme a réagi par un communiqué de son porte-parole, Nick Davies. En substance, l’IAAF y assure que la crédibilité de son sport est renforcée à chaque fois qu’un cas de dopage est mis au jour. A plus forte raison lorsque le tricheur se révèle être un gros poisson.

« L’engagement de l’IAAF en matière de lutte contre le dopage dans l’athlétisme est inébranlable, assure le communiqué. La crédibilité de notre programme antidopage, et de notre sport l’athlétisme, est renforcée, et non diminuée, chaque fois que nous sommes capables de mettre au jour un nouveau cas, et nous avons le plein soutien de tous les athlètes, entraîneurs ou responsables qui croient en un sport propre. Nous avons une obligation d’éthique vis-à-vis de la majorité des athlètes qui croient en un sport propre. C’est pour eux que nous avons construit un programme qui est riche, qui cherche loin, et qui est sophistiqué. Le fait que nous soyons capables de détecter et de mettre à l’écart de notre sport les athlètes qui ont bafoué notre réglementation antidopage doit être compris en ce sens. »

A l’image du cyclisme, l’athlétisme a le mérite de chercher. Au risque, souvent, de voir certaines de ses têtes couronnées tomber au moment le moins propice. Surtout, la lutte antidopage se révèle être désormais une priorité dans deux des pays les plus performants de la planète athlé : la Jamaïque et les Etats-Unis.

Dans le premier, l’agence nationale antidopage (JADCO) a épinglé ces derniers mois Veronica Campbell-Brown, la double championne olympique du 200 m, Asafa Powell, mais aussi Sherone Simpson, médaillée d’argent sur 100 m aux Jeux de Pékin. Aux Etats-Unis, l’USADA ne recule devant rien pour faire un grand ménage. Tyson Gay, contrôlé positif sur son lieu d’entraînement, en Floride, se rajoute à une liste où se bousculaient déjà les noms de Marion Jones, Tim Montgomery, Justin Gatlin et Kelli White. Avec 2279 tests réalisés en 2012, l’athlétisme est devenu le sport le plus contrôlé aux Etats-Unis.

Interrogé par les médias lors de sa récente visite à Paris, Usain Bolt s’est dit « totalement favorable » à la création d’un laboratoire antidopage en Jamaïque. L’homme le plus rapide du monde apparait aujourd’hui bien isolé, au sommet du sprint mondial, après les contrôles récents de Tyson Gay et Asafa Powell et ceux, plus anciens, de Yohan Blake et Justin Gatlin. Mais on tremble à la perspective que son nom rejoigne un jour la liste des exclus.

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