Candidatures - 04/07/2013

A l’oral, Madrid soigne ses notes

Mystère sur toute la ligne. Istanbul, Madrid et Tokyo ont passé sans encombre l’exercice du grand oral, mercredi 3 juillet, devant les 86 membres présents à Lausanne pour la session extraordinaire du CIO. Pour chacune des villes candidates aux Jeux d’été de 2020, un même format : 90 minutes, dont une volée de questions de l’auditoire. A huis clos. Et, au final, une issue toujours aussi incertaine. Pour preuve ce commentaire très prudent de l’Allemand Thomas Bach, par ailleurs candidat à la présidence du CIO : « Quel que soit le choix qui sera fait, ce sera de grands Jeux ». Une prédiction confirmée par un autre postulant au siège de Jacques Rogge, le Portoricain Richard Carrion : « Les présentations étaient superbes, ce sera une bataille intéressante. »

Huis clos oblige, rien n’a vraiment filtré de cette triple séance de promotion. Les trois équipes de candidature ont répondu avec des airs de conspirateurs aux interrogations des médias. Malgré tout, quelques confidences ont été lâchées ici et là. Ainsi a-t-on appris que le CIO n’avait posé aucune question à Istanbul concernant le délicat sujet de la sécurité, pourtant souvent pointé comme un point faible dans le dossier turc. Bon ou mauvais signe ? Allez savoir. De même, Madrid n’a pas eu à s’expliquer sur la crédibilité économique de son projet olympique, elle aussi source de nombreux doutes, les membres de l’institution olympique n’ayant pas questionné ses représentants sur ce sujet. Autre info : la présentation espagnole n’a pas été au bout des 90 minutes qui lui étaient imparties.

Seule certitude : Madrid ne fait plus figure de lanterne rouge dans cette longue à trois. Les Espagnols avaient largement comblé leur retard grâce à la visite de la commission d’évaluation, en mars dernier. De l’avis général, ils ont même encore gagné quelques points mercredi 3 juillet, grâce à la qualité de leur présentation. « Elle a été renversante», a confié un Européen, cité par l’AFP.

Dick Pound, l’influent membre canadien du CIO, confirme : « S’il y a des progrès, c’est sur Madrid. Leur présentation a marqué des points. Mais ce n’est pas déterminant comme la dernière fois, après la même journée de présentation quand on se disait « Rio, hum… c’est pas mal !!! «  Cela avait fait beaucoup bouger les choses, alors qu’aujourd’hui seulement un petit peu. »

Habiles, les Espagnols ont profité de l’opportunité de cet oral devant le CIO pour abattre l’une de leurs cartes maîtresses : Felipe, le prince héritier. Un ancien olympien, porte-drapeau de l’Espagne aux Jeux de Barcelone en 1992, où il avait participé aux épreuves de voile. Selon Dick Pound, il a été « la vedette de la journée. »

La capitale espagnole ne crie pas encore victoire. Elle aurait tort, tant le jeu des alliances peut jusqu’au bout brouiller les cartes. Mais Juan Antonio Samaranch Jr., l’un des porteurs du projet, peut bomber le torse en affirmant : « Les promesses que nous avons faites par le passé sont aujourd’hui réalité. »

En face, Tokyo a poursuivi sur la même voie, celle d’être une « valeur sûre », mais en réussissant cette fois à donner à son dossier une portée plus humaine, voire historique. « Le Japon donnait l’impression d’avoir été détruit. Avec les Jeux, on pourra montrer au reste du monde qu’on peut rebondir et reconstruire », a suggéré Taro Aso, le vice-premier ministre japonais.

Epargné par les questions sur la sécurité et les mouvements de révolte populaire, Istanbul a pu se concentrer sur l’essentiel : ses atouts. Ali Babacan, le ministre des Affaires étrangères, a répété aux journalistes que la bonne santé économique de la Turquie lui permettrait d’investir 400 milliards de dollars dans les sept années à venir, que la majorité des infrastructures olympiques seraient prêtes bien avant 2020. Avant de conclure : « C’est l’heure de la Turquie. »

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